Washington aurait donné un ultimatum de 18 mois à Alger pour le démantèlement des camps de Tindouf

Washington aurait donné un ultimatum de 18 mois à Alger pour le démantèlement des camps de Tindouf

À quelques jours de la visite en Algérie et au Maroc du secrétaire d’État adjoint américain Christopher Landau, des révélations de l’opposant algérien Amir DZ indiquent que Washington s’apprête à transmettre à Alger un message clair : un délai de 18 mois pour démanteler les camps de Tindouf. Cette information, rapportée par le site Hespress, survient dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes autour du dossier du Sahara marocain.

Une tournée maghrébine sous haute tension

Christopher Landau, numéro deux de la diplomatie américaine, effectuera une tournée au Maghreb du 27 avril au 1er mai. Il se rendra d’abord en Algérie, puis au Maroc. Officiellement, le Département d’État américain évoque des discussions portant sur la coopération sécuritaire, les investissements américains et les partenariats technologiques. Cependant, plusieurs sources concordantes indiquent que le dossier du Sahara marocain sera l’un des sujets centraux de cette visite.

Amir DZ, opposant algérien très suivi pour ses révélations sur les cercles du pouvoir à Alger, affirme que Washington a préparé un ultimatum de 18 mois adressé au président Abdelmadjid Tebboune. Selon lui, cet ultimatum exigerait le démantèlement des camps de Tindouf, où sont séquestrées des populations depuis plusieurs décennies. Cette révélation intervient après que l’opposant a été victime d’un enlèvement en région parisienne en avril 2024, commandité selon lui par le régime algérien, une affaire qui continue de peser sur les relations franco-algériennes.

Des signaux américains convergents

Plusieurs initiatives américaines récentes semblent converger vers le même objectif. Le 17 avril, en marge du forum diplomatique d’Antalya, le conseiller spécial du président Donald Trump pour l’Afrique, Massad Boulos, a rencontré le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf. Selon des sources proches du dossier, Washington y aurait réaffirmé avec fermeté que toute discussion sur le Sahara marocain doit désormais s’inscrire dans le cadre de l’initiative d’autonomie portée par Rabat.

Lors de cet échange, l’administration américaine aurait également insisté sur la question des camps de Tindouf, demandant aux autorités algériennes d’ouvrir la voie à leur démantèlement dans la perspective d’un règlement définitif du conflit. Cette exigence est particulièrement sensible pour Alger, qui a longtemps misé sur l’usure diplomatique et le maintien d’un statu quo désormais de plus en plus fragile.

Une visite sur le terrain pour évaluer la situation humanitaire

Quelques jours plus tard, le 21 avril, Tabari A. Dossett, un responsable américain, s’est rendu dans les camps de Tindouf. Officiellement, cette visite visait à évaluer les conditions de vie et la situation humanitaire des populations présentes sur place. Selon des sources proches du dossier, cette mission a également permis d’aborder la question de l’avenir de ces camps, régulièrement pointés pour la précarité durable des populations séquestrées et l’absence de perspectives pérennes.

D’après les mêmes sources, Tabari A. Dossett aurait transmis un message sans ambiguïté aux dirigeants du Front Polisario : l’administration américaine considère désormais que la mise en œuvre du plan d’autonomie marocain implique une préparation concrète au retour des populations concernées. Un maintien indéfini du statu quo à Tindouf n’est plus tenable, selon Washington.

Implications pour la région

Ces développements interviennent alors que les États-Unis renforcent leur position en faveur du plan d’autonomie marocain, reconnu par l’administration Trump comme une solution crédible et sérieuse au conflit du Sahara. Le démantèlement des camps de Tindouf est perçu comme une étape clé pour permettre le retour des populations séquestrées et la reconstruction de la région. Les observateurs notent que la pression américaine sur Alger s’intensifie, alors que le Maroc continue de consolider son soutien international, notamment après la reconnaissance américaine de sa souveraineté sur le Sahara en décembre 2020.

Dans les prochains jours, la visite de Christopher Landau devrait permettre de clarifier la position américaine et de fixer un calendrier précis pour le démantèlement des camps. Les autorités algériennes, de leur côté, n’ont pas encore réagi publiquement à ces révélations. La communauté internationale suit de près ces évolutions, qui pourraient marquer un tournant décisif dans la résolution du conflit du Sahara marocain.

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