Le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a réaffirmé jeudi la volonté du gouvernement de poursuivre le dialogue social dans un cadre institutionnalisé, présenté comme un choix stratégique au service de la démocratie participative. Cette déclaration a été faite à l’occasion de la Fête du travail.
M. Sekkouri a souligné que l’institutionnalisation du dialogue social, sa régularité et les conclusions qui en découlent ont permis la signature de la Charte nationale de l’institutionnalisation du dialogue social. Deux accords sociaux majeurs ont également été conclus, respectivement les 30 avril 2022 et 29 avril 2024.
Ces accords ont conduit à une amélioration des revenus des travailleurs dans les secteurs public, privé et des établissements publics. Ils ont aussi permis une modernisation de la législation du travail pour accompagner les transformations du domaine, selon le ministre.
Bilan des accords sociaux et décisions concrètes
La session d’avril 2026 a été mise à profit pour dresser un état des lieux global de ces deux accords sociaux. Le ministre a salué les mesures déjà mises en œuvre et réaffirmé les engagements restant à concrétiser. Il a précisé que cette session s’est distinguée par l’adoption de décisions concrètes.
Parmi ces décisions figure un accord modifiant la loi n° 65.99 portant Code du travail. Cette modification vise à rétablir l’équité au profit des agents de sécurité privée liés par contrat aux entreprises de gardiennage. Elle prévoit notamment la réduction de la durée quotidienne de travail de 12 à 8 heures, traduisant l’engagement de l’exécutif en faveur de la protection des salariés du secteur privé. Cette mesure concerne entre 130 000 et 160 000 salariés.
Un autre accord porte sur la révision de la loi n° 60.17 relative à la formation continue. L’objectif est de dépasser les limites du cadre actuel par une modernisation de la gouvernance. Celle-ci repose sur une séparation entre la conduite stratégique et le pilotage d’une part, et la gestion opérationnelle et exécutive d’autre part, afin de garantir la clarté des rôles et l’efficacité des performances.
Renforcement du cadre juridique pour le travail décent
Le ministre a également souligné que le gouvernement a œuvré au renforcement d’un cadre juridique favorable au travail décent. Après des décennies d’attente, la loi organique n° 97.15 fixant les conditions et modalités d’exercice du droit de grève a été promulguée. Ce texte encadre l’exercice de ce droit constitutionnel dans un équilibre entre liberté de travail et intérêt général.
Par ailleurs, cinq textes réglementaires relatifs à la santé et à la sécurité au travail ont été adoptés. Ces textes alignent le Maroc sur les normes de l’Organisation internationale du travail (OIT). Le Royaume a également été reconnu comme pays leader au sein de l’Alliance internationale 8.7 pour l’éradication du travail des enfants à l’horizon 2030.
M. Sekkouri a rappelé que Marrakech a accueilli, du 11 au 13 février 2026, la 6e Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants, placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Cet événement renforce le rayonnement international du Maroc et conforte sa position de leader en Afrique en matière de travail décent.
Renforcement des capacités des acteurs du dialogue social
Le ministre a annoncé le lancement prochain, en 2026, de l’Académie de formation dans les domaines du travail, de l’emploi et du climat social. La création de l’Observatoire national du dialogue social est également prévue avant fin juin 2026. Cet observatoire servira d’outil de suivi et d’appui scientifique aux capacités de négociation.
En conclusion, M. Sekkouri a estimé que le « bilan honorable » du dialogue social, tant national que sectoriel, n’aurait pas été possible sans la volonté sincère et constructive des trois parties prenantes : le gouvernement, les organisations syndicales et les représentants des employeurs. Ce cadre est empreint d’un esprit de responsabilité partagée et d’une forte mobilisation nationale, caractéristiques du modèle marocain singulier.
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