Le chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, a défendu ce jeudi 15 juin 2023 lors d’une rencontre avec la presse à Rabat le bilan de son exécutif, tout en répondant aux critiques entourant le moment choisi pour sa présentation publique, prévue en avril dernier.
M. Akhannouch a estimé qu’il est impossible de bâtir un État social uniquement par des slogans, ajoutant que cela nécessite une économie solide. Il a affirmé que le succès de son gouvernement repose sur un équilibre entre ces deux piliers.
Le responsable a souligné qu’il est aisé de faire des promesses pour gagner la sympathie des citoyens, mais que l’essentiel est de disposer des capacités nécessaires tout en préservant les équilibres économiques du pays.
Un contexte économique international contraignant
M. Akhannouch a rappelé que le Maroc ne travaille pas isolément, mais en coordination avec des institutions internationales telles que le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et les agences de notation financière. Selon lui, cette coopération impose le maintien d’indicateurs positifs pour renforcer la confiance des investisseurs et faciliter l’accès du pays aux financements et aux investissements.
Le chef du gouvernement a expliqué que son exécutif, arrivé au pouvoir en octobre 2021, a commencé son travail dans des conditions difficiles. Les frontières marocaines n’ont été complètement rouvertes après la pandémie de Covid-19 qu’en février 2022. L’économie était alors affectée par des usines à l’arrêt, des pénuries de matières premières, des perturbations des chaînes d’approvisionnement, ainsi que par la hausse des coûts de transport et de l’inflation.
Le choix d’agir face aux crises
Face à ces défis, M. Akhannouch a indiqué que le gouvernement avait deux options : attendre ou agir. Il a précisé que l’exécutif a choisi la deuxième voie, en adaptant son programme aux nouvelles conjonctures, notamment l’inflation et la reprise économique.
Le responsable a déclaré que le gouvernement a décidé de ne pas réduire les budgets, mais d’injecter les ressources nécessaires pour soutenir l’économie nationale. Ces mesures ont concerné le soutien aux entreprises touchées, la relance des projets, l’aide au secteur du tourisme et de l’hôtellerie, la dynamisation du transport aérien et l’ouverture aux compagnies aériennes à bas coût.
Le gouvernement a également assuré la continuité des services essentiels, y compris des projets urgents non réalisés auparavant, comme les projets de transfert d’eau. M. Akhannouch a ajouté que grâce à ces mesures, l’économie a commencé à retrouver son dynamisme, entraînant une augmentation positive des recettes fiscales. Cela a permis de financer des investissements prioritaires et de traiter des enjeux sociaux urgents, conformément aux orientations royales, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
Une approche basée sur des feuilles de route
M. Akhannouch a expliqué que le gouvernement a adopté une approche pratique fondée sur des feuilles de route claires plutôt que sur des stratégies théoriques, en raison de la nécessité d’agir rapidement. Ces feuilles de route ont concerné plusieurs secteurs et ont permis des avancées concrètes, notamment dans le tourisme et la santé, à travers l’amélioration des infrastructures et l’ouverture de nouveaux hôpitaux et centres de santé.
Réponse à la polémique sur le bilan
Le chef du gouvernement a saisi l’occasion pour répondre à la controverse entourant la présentation du bilan gouvernemental en avril. Il a rappelé que le mandat d’Abdelilah Benkirane n’avait pas présenté de bilan en raison d’un manque de cohésion de la majorité et de l’absence de consensus. Quant à celui de Saad Eddine El Othmani, il avait été présenté fin juillet, avant d’entrer directement dans la période électorale.
M. Akhannouch a indiqué que son gouvernement a pris le temps d’organiser un véritable débat public, permettant aux citoyens de suivre les données et d’exprimer leurs avis, qu’ils soient positifs ou négatifs. Il a ajouté qu’après avoir accompli le nécessaire au niveau du gouvernement concernant le bilan, l’exécutif continuera à interagir, à partager les informations et à répondre aux questions.
Rôle des partis et des ministres
M. Akhannouch compte sur les partis politiques et les ministres pour jouer un rôle central dans l’animation du débat et l’expression de positions claires. Il a précisé que cette étape doit constituer le début d’une nouvelle phase précédant la présentation des programmes électoraux à la fin de l’été et l’entrée dans les échéances électorales.
Le chef du gouvernement a affirmé que le bilan gouvernemental est positif et solide, qu’il a été présenté en détail et peut être consulté par tout citoyen.
Selon les informations disponibles, les prochaines étapes devraient inclure la poursuite du débat public sur le bilan, avant la présentation des programmes électoraux des partis de la coalition gouvernementale à la fin de l’été, en vue des prochaines échéances électorales.
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