Rabat et Berlin condamnent les attaques iraniennes et rejettent toute instrumentalisation des routes maritimes

Rabat et Berlin condamnent les attaques iraniennes et rejettent toute instrumentalisation des routes maritimes

Rabat et Berlin ont réaffirmé leur convergence sur les dossiers clés de l’agenda international, condamnant les attaques iraniennes contre les pays arabes et dénonçant l’utilisation des voies maritimes à des fins de pression ou de chantage. Cette position commune a été exprimée mercredi lors d’un point de presse conjoint entre le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et son homologue allemand en visite officielle dans le Royaume.

Un partenariat historique renforcé

Nasser Bourita a souligné que la dynamique positive entre Rabat et Berlin ne relève pas d’un rapprochement récent, mais s’inscrit dans une profondeur historique remontant au XIXe siècle. Il a rappelé que le chancelier Otto von Bismarck avait dépêché le premier ambassadeur auprès du sultan Mohammed ben Abderrahmane (Mohammed IV), prélude à la signature d’un premier accord bilatéral en 1890. Cette trajectoire illustre, selon le chef de la diplomatie marocaine, l’ancrage et la continuité de ce partenariat.

Coopération économique et stratégique

Les deux capitales ont mis en avant la montée en puissance de leur partenariat économique et stratégique. L’Allemagne est désormais le cinquième partenaire commercial du Maroc et le troisième à l’échelle européenne. Plus de 300 entreprises allemandes sont implantées dans le tissu économique marocain, et près d’un million de touristes allemands ont visité le Royaume l’an dernier. Les discussions ont également porté sur l’identification de nouveaux leviers de coopération en matière d’investissements et de renforcement de la présence économique allemande.

Parmi les chantiers structurants évoqués figurent les préparatifs de la Coupe du monde 2030, les opportunités de partenariat en Afrique, ainsi que les projets liés aux énergies renouvelables et aux transitions numérique et énergétique. Le cadre juridique de cette coopération repose sur environ 300 accords couvrant un large éventail de secteurs.

Position sur les crises régionales

Sur le plan politique et sécuritaire, Rabat et Berlin ont affiché une convergence de vues sur plusieurs dossiers majeurs. Les discussions ont notamment porté sur les moyens de promouvoir la stabilité et le développement dans la région du Sahel, ainsi que sur la lutte contre le terrorisme et les agendas séparatistes.

S’agissant du Moyen-Orient, Nasser Bourita a réaffirmé la nécessité de garantir une stabilisation durable de la bande de Gaza, en s’appuyant sur les références internationales en vigueur. Il a plaidé pour une solution politique fondée sur le principe des deux États, impliquant la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. Rabat a également exprimé une position claire de rejet des attaques iraniennes contre les pays arabes frères, tout en dénonçant l’utilisation des voies maritimes à des fins de pression ou de chantage. « Les routes maritimes doivent demeurer des espaces de circulation et d’échanges, et non des instruments de contrainte », a insisté le ministre.

Position constante sur l’intégrité territoriale

En conclusion, Nasser Bourita a rappelé les constantes de la diplomatie marocaine : défense de l’intégrité territoriale des États et rejet du recours à la force dans les relations internationales. Cette ligne directrice s’applique également au dossier ukrainien, avec le soutien à l’unité territoriale de ce pays, le refus de tout changement imposé par la force et l’appel à privilégier les voies pacifiques.

Les deux ministres ont convenu de poursuivre leur coordination sur ces dossiers et d’approfondir la coopération bilatérale dans les mois à venir, notamment à travers des échanges de haut niveau et des projets conjoints.

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