Moukharik accuse l’Exécutif d’abandonner les retraités et dénonce des pensions à 300 dirhams

Moukharik accuse l’Exécutif d’abandonner les retraités et dénonce des pensions à 300 dirhams

Rabat – En marge de la Fête du Travail, le Secrétaire général de l’Union Marocaine du Travail (UMT), El Miloudi Moukharik, a vivement critiqué l’inaction du gouvernement face à la situation des retraités. Dans un entretien accordé au média Hespress, il a affirmé que l’Exécutif « a oublié » cette catégorie de citoyens, qui n’a bénéficié d’aucune revalorisation globale des pensions depuis plusieurs années.

Moukharik a précisé que les travaux du comité technique chargé de la réforme des régimes de retraite confortent la centrale syndicale dans sa conviction que « le discours sur la faillite des caisses de retraite est un pur mensonge ». Selon lui, ces caisses souffrent avant tout d’une mauvaise gouvernance dans la gestion des fonds épargnés.

Des retraités oubliés depuis quinze ans

Le leader syndical a attiré l’attention sur une frange de la population que le gouvernement « oublie toujours », à savoir les retraités dont les pensions sont restées très faibles. « Certaines personnes perçoivent une pension de 1000 dirhams, d’autres seulement 300 dirhams », a-t-il déploré.

Il a également jugé « inacceptable » qu’au décès d’un retraité, son épouse et ses enfants ne perçoivent que 50 % de la pension initiale, une somme déjà dérisoire. M. Moukharik a rappelé que les syndicats avaient arraché une hausse de 5 % des pensions pour le secteur privé, soit pour les affiliés de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS).

Il a toutefois dénoncé une « déformation » dans l’application de cette mesure. « L’exclusion a concerné tous ceux qui ont pris leur retraite avant 2021, et la hausse n’a été accordée qu’aux retraités postérieurs à cette date. Dans le meilleur des cas, cette augmentation ne dépasse pas 200 dirhams », a-t-il expliqué.

La réforme des retraites dans l’impasse

Interrogé sur l’avancée du dialogue autour de la réforme des régimes de retraite, M. Moukharik a indiqué que le gouvernement envisage une série de mesures que les syndicats rejettent catégoriquement : « Ils veulent relever l’âge de la retraite à 65 ans, réduire les pensions, puis augmenter les cotisations. » Il a qualifié ce triptyque de « maudit ».

Pour lui, cette approche revient à faire supporter aux fonctionnaires et aux salariés le coût de ce que l’Exécutif appelle une réforme, ce que l’UMT refuse. « Où sont parties les cotisations des salariés et des fonctionnaires qui subissaient un prélèvement à la source pour alimenter les trois caisses ? », s’est-il interrogé.

Des caisses « pleines de milliards », selon l’UMT

Revenant sur les rumeurs de faillite des caisses, le secrétaire général de l’UMT a été catégorique : « C’est un pur mensonge. Celui qui dit que les caisses sont vides ne sait rien. » Il a affirmé que les trois régimes (CNSS, Caisse Marocaine des Retraites (CMR) et Régime Collectif d’Allocation de Retraite (RCAR)) disposent toutes de milliards de dirhams d’excédents, déposés à la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG).

« On annonçait une faillite pour 2025, mais cette année est arrivée, et ils ont repoussé l’échéance à 2027. Les caisses puisent dans leurs réserves techniques, mais elles ne se videront pas », a-t-il assuré. Le responsable syndical a mis en garde contre le non-paiement par l’État de ses cotisations, évoquant une dette qui, selon lui, remonte aux années 1960.

« Sous l’ère de Jettou, je l’avais averti que l’État ne réglait pas ses cotisations. Il conservait les cotisations des fonctionnaires et des salariés selon des critères de gestion interne, puis les dirigeait vers des investissements absorbés par le budget de fonctionnement des administrations », a-t-il rappelé. À l’époque, ajoute-t-il, la dette de l’État atteignait 18 milliards de dirhams, une somme qui, si elle avait été bien placée, aurait généré des profits réels.

Prochaines étapes

Le dialogue social entre les syndicats et le gouvernement devrait se poursuivre dans les semaines à venir, sans qu’aucune date précise n’ait été annoncée pour une nouvelle session. Les centrales syndicales, dont l’UMT, maintiennent leur opposition à toute réforme qui ferait peser le poids de l’assainissement des caisses sur les seuls salariés et retraités. L’issue des négociations reste incertaine, alors que les retraités continuent de réclamer une revalorisation immédiate de leurs pensions.

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