Tomates : le Maroc bat un nouveau record d’exportation avec 745.000 tonnes et mise sur les variétés à haute valeur ajoutée

Tomates : le Maroc bat un nouveau record d’exportation avec 745.000 tonnes et mise sur les variétés à haute valeur ajoutée

Les exportations marocaines de tomates ont atteint un niveau historique lors de la campagne agricole 2024/2025, avec un volume total de 745.000 tonnes. Ce chiffre, annoncé par les autorités compétentes, marque une progression de 80 % par rapport à la campagne précédente et confirme la place du Maroc comme l’un des principaux fournisseurs de tomates sur le marché européen et africain.

Selon les données communiquées par le ministère de l’Agriculture, cette hausse s’explique principalement par l’adoption croissante de variétés à valeur ajoutée, telles que les tomates cerises, les tomates allongées de type « Roma » et les variétés destinées à la transformation industrielle. Ces produits bénéficient de meilleurs prix à l’exportation et répondent à une demande internationale de plus en plus exigeante en termes de qualité et de traçabilité.

Une stratégie axée sur la diversification variétale

Les professionnels du secteur soulignent que le Maroc a engagé depuis plusieurs années une transition vers des modèles de production plus intensifs et spécialisés. Les serres équipées de systèmes d’irrigation goutte à goutte et de gestion climatique permettent désormais de produire des tomates toute l’année, réduisant la dépendance aux aléas climatiques. Les variétés à haute valeur ajoutée représentent aujourd’hui près de 35 % des surfaces cultivées en tomates sous abri, contre 20 % il y a cinq ans.

Cette évolution s’inscrit dans le cadre de la stratégie « Génération Green 2020-2030 », qui vise à moderniser l’agriculture marocaine et à renforcer sa compétitivité à l’export. Les investissements dans la recherche variétale et la certification des exploitations ont joué un rôle clé dans cette performance.

Des débouchés en croissance en Europe et en Afrique

Les principaux marchés de destination restent l’Union européenne, notamment la France, l’Espagne et les Pays-Bas, qui absorbent plus de 70 % des exportations marocaines de tomates. Toutefois, les expéditions vers l’Afrique subsaharienne, en particulier la Mauritanie, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, ont enregistré une augmentation de 25 % cette campagne. Les opérateurs marocains misent également sur l’ouverture de nouveaux marchés au Moyen-Orient et en Asie.

Les autorités sanitaires marocaines ont renforcé les contrôles phytosanitaires aux points de sortie pour garantir la conformité des produits aux normes internationales. Aucun incident majeur n’a été signalé lors de cette campagne, ce qui a contribué à maintenir la confiance des importateurs.

Des défis logistiques et climatiques persistants

Malgré ces bons résultats, les producteurs font face à des défis structurels. La hausse des coûts des intrants, notamment les engrais et l’énergie, a pesé sur les marges bénéficiaires. Les épisodes de sécheresse dans les régions de Souss-Massa et du Gharb, principales zones de production, ont nécessité une gestion rigoureuse des ressources hydriques. Le recours au dessalement de l’eau de mer et à la réutilisation des eaux usées traitées s’est intensifié pour sécuriser les approvisionnements.

Les professionnels du secteur appellent à un soutien accru de l’État pour moderniser les infrastructures d’irrigation et faciliter l’accès au financement des petites et moyennes exploitations. Des discussions sont en cours avec les autorités pour mettre en place un fonds d’aide spécifique aux producteurs de fruits et légumes destinés à l’export.

Dans les mois à venir, les acteurs de la filière tablent sur une stabilisation des volumes exportés autour de 750.000 tonnes par campagne, avec une part croissante de tomates transformées (concentrés, sauces, tomates pelées) qui pourraient représenter 15 % du total d’ici 2026. Les négociations commerciales avec de nouveaux partenaires en Asie et en Amérique du Nord devraient se concrétiser avant la fin de l’année 2025, selon les responsables du ministère.

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