Le Conseiller royal André Azoulay a appelé, lundi à Fès, à ne pas céder aux tentations d’un déterminisme exclusivement technologique dans le développement de l’intelligence artificielle (IA). Il s’exprimait lors de l’ouverture des Rencontres de l’Université EUROMED, consacrées cette année à la place de « l’humain face à l’Intelligence Artificielle ».
Devant près de 2 000 participants, dont des personnalités politiques, des chercheurs et des étudiants, Azoulay a affirmé que « l’Histoire jugera notre capacité à donner du sens à la puissance des technologies ». Il a salué la mobilisation de l’université marocaine, « à Fès et ailleurs », pour donner au Maroc « la capacité de maîtriser, d’intégrer et d’optimiser la profonde mutation » liée à la révolution de l’IA.
Un partenariat avec l’Alliance des Civilisations des Nations unies
Le Conseiller royal a souligné que la tenue de cette rencontre en partenariat avec l’Alliance des Civilisations des Nations unies « ne doit rien au hasard ». Il a rappelé que, « fort du leadership éclairé de SM le Roi Mohammed VI, le Maroc saura une fois encore ne laisser passer aucun des rendez-vous que la Science et Technologie donnent à la Communauté des Nations ». Il a ajouté que le Royaume saura « avec la même détermination ne rien céder sur l’éthique et les valeurs humanistes », qui constituent « le legs le plus précieux de notre histoire ».
André Azoulay a déclaré avoir « le privilège et la chance d’appartenir à une nation et à un peuple qui, au fil des siècles, sont rarement restés indifférents aux mutations et aux progrès ». Il a insisté sur le fait que le Maroc a toujours évolué « à sa façon, volontariste et vigilant sur la permanence des fondements humanistes de notre identité et de notre histoire ».
Un avertissement contre les excès de la technologie
« Il serait éminemment dangereux de céder aux tentations d’un déterminisme qui serait exclusivement technologique », a mis en garde le Conseiller royal. Il a estimé qu’« il revient à chacun d’entre nous d’aider à ce que notre avenir numérique soit aussi celui de la consolidation des valeurs », seuls véritables marqueurs du progrès.
Dans un contexte marqué par les conflits, Azoulay a souligné qu’« en ce mois d’avril 2026, dans un temps et dans un espace assiégés par les conflits, on comprend mieux que jamais que la Paix n’est pas un algorithme ». Il a toutefois précisé que « les algorithmes peuvent et doivent devenir notre programmation collective la plus exigeante, la plus consensuelle et la plus exaltante », en donnant à la Science la prééminence dans la consolidation des valeurs.
Un appel à la jeunesse marocaine
Pour conclure, André Azoulay a affirmé que « le Maroc continuera à faire des acquis de sa civilisation le réacteur central de sa modernité ». Il a souligné que « les centaines d’étudiants réunis autour de nous aujourd’hui par l’Université Euromed de Fès incarnent mieux que quiconque les promesses marocaines du jour d’après ».
Ces rencontres, qui se déroulent sur plusieurs jours, visent à approfondir la réflexion sur l’encadrement éthique de l’intelligence artificielle. Les organisateurs prévoient des ateliers et des débats sur les implications sociales, économiques et culturelles de l’IA, avec la participation d’experts internationaux. Aucune décision concrète n’a été annoncée à ce stade, mais les discussions devraient nourrir les futures politiques publiques marocaines en matière de numérique.
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