Au moins treize personnes ont été tuées vendredi dans des frappes israéliennes sur le sud du Liban, selon un nouveau bilan communiqué par le ministère libanais de la Santé. Ces violences surviennent malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril entre le Hezbollah et Israël.
Dans le village d’Habboush, huit personnes, dont un enfant et deux femmes, ont perdu la vie, tandis que 21 autres ont été blessées, parmi lesquelles deux enfants et une femme. L’armée israélienne avait pourtant appelé les habitants à évacuer cette localité avant les frappes. L’agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté une série de bombardements intenses intervenus moins d’une heure après l’avertissement israélien. Un photographe de l’AFP présent sur place a observé d’épaisses colonnes de fumée s’élevant des zones touchées.
Une autre frappe, menée sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés, incluant un enfant et une femme, d’après le ministère. Dans le district de la ville côtière de Tyr, une femme a été tuée et sept autres personnes ont été blessées lors d’une attaque distincte.
Une zone interdite malgré la trêve
L’ANI avait auparavant signalé d’autres frappes et tirs d’artillerie visant plusieurs localités du sud du Liban, en dépit de l’accord de cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. Jeudi, 17 personnes avaient déjà été tuées lors de bombardements dans cette région.
L’armée israélienne a établi une zone tampon de dix kilomètres de profondeur à partir de la frontière, interdite à la presse et à la population. Des opérations de démolition y sont menées, a précisé l’agence ANI. Des destructions ont été constatées dans les localités de Shamaa et Yaroun, où un monastère, une école privée, des habitations, des commerces et des routes ont été rasés.
Un lourd bilan humain
Depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël le 2 mars, dans le contexte plus large de la guerre au Moyen-Orient, plus de 2 600 personnes ont été tuées au Liban, selon les chiffres du ministère libanais de la Santé. Parmi les victimes figurent 103 secouristes.
Le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos, a dénoncé ces attaques. Citer d’une personne qui s’efforce de sauver des vies et d’apaiser la souffrance humaine soit prise pour cible est absolument inacceptable, a-t-il déclaré à des journalistes près de Beyrouth.
Aucune annonce officielle n’a encore été faite concernant une éventuelle réponse diplomatique ou militaire du gouvernement libanais. Les observateurs s’attendent à ce que la communauté internationale intensifie ses appels à la retenue, tandis que la population civile du sud du Liban continue de subir les conséquences directes de ces frappes.
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