La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a précisé les contours du plan gouvernemental visant à augmenter le stock stratégique des produits énergétiques. Cette annonce a été faite en réponse à une question orale posée au Parlement, sans que la date exacte de l’intervention ne soit précisée dans les informations disponibles.
Selon les déclarations de la ministre, le gouvernement s’appuie sur trois mesures principales pour garantir la sécurité d’approvisionnement énergétique du Royaume. Ces mesures visent à renforcer les réserves nationales face aux fluctuations des marchés internationaux et aux tensions géopolitiques.
Les trois piliers de la nouvelle stratégie
La première mesure concerne l’augmentation des capacités de stockage des produits pétroliers. Le gouvernement prévoit d’étendre les infrastructures existantes et d’en construire de nouvelles, afin de porter les réserves à un niveau conforme aux normes internationales de l’Agence internationale de l’énergie.
La deuxième mesure porte sur la diversification des sources d’approvisionnement. L’exécutif entend réduire la dépendance à un nombre limité de fournisseurs en concluant des accords avec de nouveaux partenaires, notamment en Afrique et en Amérique latine.
La troisième mesure est axée sur la gestion de la demande. Le gouvernement veut encourager l’efficacité énergétique dans les secteurs industriel, résidentiel et des transports, afin de limiter la pression sur les stocks stratégiques.
Un contexte de vulnérabilité accrue
Cette initiative intervient dans un contexte où les prix des hydrocarbures restent volatils et où la sécurité énergétique est devenue une priorité mondiale. Le Maroc importe la quasi-totalité de ses besoins en pétrole et en gaz, ce qui le rend particulièrement exposé aux chocs extérieurs.
Leila Benali a également évoqué la nécessité d’aligner cette stratégie sur les objectifs de transition énergétique du pays. Le Maroc s’est fixé pour ambition de porter à 52% la part des énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030.
Les détails opérationnels de ces mesures, notamment les investissements nécessaires et les délais de mise en œuvre, n’ont pas encore été entièrement divulgués. La ministre a toutefois assuré que des concertations sont en cours avec les opérateurs du secteur et les institutions financières nationales et internationales.
Réactions et implications
Les professionnels du secteur énergétique ont salué l’annonce, tout en appelant à des précisions sur le financement et le calendrier. Plusieurs députés ont interrogé le gouvernement sur le coût de ces investissements et leur impact sur les prix à la pompe.
Les experts estiment que la constitution de stocks stratégiques plus importants pourrait nécessiter un effort budgétaire significatif, mais qu’elle est indispensable pour préserver la souveraineté énergétique du Royaume. Le Maroc dispose déjà d’installations de stockage à Mohammedia, Jorf Lasfar et Tanger, mais leur capacité doit être renforcée.
Le gouvernement prévoit de finaliser une étude d’impact dans les prochains mois, avant de soumettre un projet de loi au Parlement. La mise en œuvre progressive des mesures devrait s’étaler sur la période 2025-2028, selon les premières indications.
Cette annonce s’inscrit dans le cadre plus large de la stratégie nationale de l’énergie, qui comprend également le développement de l’hydrogène vert et l’accélération des projets solaires et éoliens. Le Maroc ambitionne de devenir un hub régional pour les énergies renouvelables, tout en garantissant la sécurité de son approvisionnement à court terme.
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