Le Centre Sanabil, think tank basé à Rabat, a présenté une série de recommandations visant à soutenir l’industrie marocaine. Cette initiative intervient alors que le secteur accuse des progrès significatifs au cours de la dernière décennie. Les propositions, détaillées dans un document intitulé « Pour une deuxième génération de réformes industrielles », ont été rendues publiques le mercredi 15 mars 2023 à Rabat. Le constat du think tank souligne la nécessité de consolider les acquis et de relever de nouveaux défis pour assurer la compétitivité du tissu productif national.
Des acquis indéniables mais des fragilités persistantes
Le Centre Sanabil reconnaît que l’industrie marocaine a enregistré des progrès tangibles entre 2010 et 2020. Parmi ces acquis, le think tank cite une augmentation de la valeur ajoutée industrielle, une amélioration de la part des exportations manufacturières et une montée en gamme dans certains segments. Cependant, l’analyse relève également des faiblesses structurelles. Le document pointe notamment une concentration excessive des activités dans des secteurs à faible contenu technologique, une dépendance vis-à-vis des intrants importés et une fragmentation du tissu des PME industrielles.
Les principaux axes des réformes proposées
Le think hat propose dix axes de réforme regroupés en quatre grandes orientations. La première porte sur le renforcement de l’écosystème d’innovation et de R&D. La deuxième vise à améliorer l’accès au financement pour les PME industrielles. La troisième orientation concerne la mise à niveau des compétences et la formation professionnelle. Enfin, la quatrième dimension traite de la gouvernance et de l’efficacité des institutions de soutien à l’industrie. Le document insiste sur la nécessité de déployer ces mesures de manière cohérente et progressive, en impliquant l’ensemble des parties prenantes.
Un diagnostic qui fait écho aux priorités nationales
Les propositions du Centre Sanabil s’inscrivent dans le cadre de la stratégie industrielle nationale « Plan d’accélération industrielle 2014-2020 » et de la nouvelle « Feuille de route stratégique pour l’industrie 2021-2025 ». Le think tank souligne que les réformes de première génération ont jeté les bases d’une industrialisation naissante, mais qu’une seconde phase est nécessaire pour approfondir la transformation structurelle. Le document appelle à une meilleure articulation entre les politiques sectorielles et les mécanismes de soutien existants.
Réactions et perspectives
Plusieurs acteurs économiques et institutionnels ont salué la publication de ce diagnostic. La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a jugé les propositions « pertinentes et alignées sur les besoins du secteur ». De son côté, le ministère de l’Industrie et du Commerce n’a pas encore officiellement réagi, mais des sources proches du dossier indiquent que les recommandations seront examinées dans le cadre de l’évaluation à mi-parcours de la stratégie industrielle. Les experts estiment que la mise en œuvre de ces réformes pourrait nécessiter des ajustements budgétaires et une coordination renforcée entre les départements ministériels.
Le Centre Sanabil prévoit d’organiser une série de consultations avec les professionnels du secteur au cours des prochains mois. Ces échanges devraient aboutir à une version consolidée des propositions, qui sera soumise aux autorités publiques pour intégration dans les politiques industrielles à venir. L’objectif est de disposer d’un cadre d’action cohérent d’ici la fin de l’année 2023, en vue de préparer la prochaine phase de développement industriel du Maroc.
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