Transition énergétique et sécurité hydrique : la BAD salue les avancées du Maroc

Transition énergétique et sécurité hydrique : la BAD salue les avancées du Maroc

Rabat, Maroc – La Banque africaine de développement (BAD) a publié un nouveau rapport dans lequel elle salue les progrès « très satisfaisants » accomplis par le Maroc dans les domaines de la transition énergétique et de la gestion de l’eau. Ce document, rendu public le jeudi 27 mars 2025, dresse un état des lieux des politiques nationales mises en œuvre sous l’impulsion des autorités marocaines.

Selon les données compilées par l’institution panafricaine, le Royaume a considérablement accru sa capacité de production d’énergie renouvelable au cours des cinq dernières années. La part des énergies solaire et éolienne dans le mix électrique national est passée de 34 % en 2020 à 42 % en 2024, un rythme de progression jugé exemplaire pour la région Afrique du Nord.

Des investissements ciblés dans les énergies propres

Le rapport souligne notamment la mise en service de plusieurs parcs solaires et éoliens, dont le complexe Noor Ouarzazate et les installations de Tarfaya. Ces projets ont permis d’ajouter 1 200 mégawatts de capacité propre au réseau électrique marocain. La BAD note également que le cadre réglementaire marocain a favorisé l’entrée d’investisseurs privés dans le secteur, ce qui a accéléré la transition énergétique.

En matière de sécurité hydrique, l’institution financière africaine relève les efforts déployés pour moderniser les infrastructures d’eau potable et d’irrigation. Le Maroc a engagé un programme national de dessalement de l’eau de mer, avec trois grandes stations opérationnelles depuis 2023 à Laâyoune, Dakhla et Agadir. Ces unités fournissent désormais 200 millions de mètres cubes d’eau douce par an, contribuant à réduire le stress hydrique dans les zones côtières.

Défis persistants et perspectives

Malgré ces avancées, le rapport de la BAD identifie plusieurs défis. La dépendance du Maroc aux importations de produits pétroliers reste élevée, avec 60 % de la consommation d’énergie primaire encore assurée par les hydrocarbures. Par ailleurs, les précipitations irrégulières continuent d’affecter le remplissage des barrages, dont le taux moyen est passé de 38 % en 2022 à 29 % en 2024.

Pour répondre à ces enjeux, le gouvernement marocain a révisé sa Stratégie nationale de l’eau à horizon 2050, avec un budget estimé à 14 milliards de dollars. Le plan prévoit la construction de 20 nouvelles stations de dessalement d’ici à 2030 et l’extension des réseaux d’assainissement dans les zones rurales.

Sur le plan énergétique, le Maroc vise une part de 52 % d’énergies renouvelables dans sa capacité installée d’ici 2030, contre 38 % actuellement. La BAD indique que ces objectifs sont « atteignables » si les réformes tarifaires et les mécanismes de financement vert sont maintenus.

Le rapport conclut en recommandant une meilleure intégration des politiques climatiques et hydriques au niveau régional, afin de mutualiser les ressources entre pays du Maghreb. La prochaine évaluation de la BAD est attendue pour le premier semestre 2027, avec un suivi des indicateurs de performance environnementale du Royaume.

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