Ali Berrada : structurer un écosystème logistique intelligent, clé du hub africain

Ali Berrada : structurer un écosystème logistique intelligent, clé du hub africain

Le Maroc poursuit son objectif de devenir un hub logistique africain, mais le véritable défi réside dans la structuration d’un écosystème intelligent. C’est ce qu’a déclaré Ali Berrada, expert en logistique, lors d’un entretien accordé au quotidien Le Matin. Selon lui, l’ambition affichée par le Royaume nécessite une coordination renforcée entre les acteurs publics et privés, ainsi qu’une modernisation des infrastructures.

Un constat sur l’état d’avancement

Interrogé sur l’état actuel du projet, Ali Berrada a indiqué que des progrès significatifs ont été réalisés, notamment avec le développement des zones logistiques et la modernisation des ports de Tanger Med et de Casablanca. Cependant, il a souligné que la mise en place d’un écosystème cohérent reste incomplète. Le Maroc dispose d’atouts géographiques et infrastructurels, mais la fragmentation des opérations et le manque de digitalisation freinent la compétitivité.

Le spécialiste a également noté que la formation des ressources humaines constitue un maillon faible. Sans une main-d’œuvre qualifiée dans les métiers de la logistique, les investissements matériels risquent de ne pas produire les effets escomptés.

Les enjeux d’un écosystème intelligent

Pour Ali Berrada, un écosystème logistique intelligent repose sur l’intégration des technologies de l’information, de l’automatisation et de la gestion prédictive des flux. Il a cité l’exemple de l’Internet des objets (IoT) et de l’intelligence artificielle (IA) comme leviers pour optimiser les chaînes d’approvisionnement. La mutualisation des données entre les opérateurs portuaires, les transporteurs et les douanes permettrait de réduire les délais et les coûts.

Le Royaume doit également harmoniser les normes et les procédures avec les standards internationaux, a-t-il ajouté, afin de faciliter les échanges transfrontaliers. La création de plateformes logistiques multi-clients, capables de servir plusieurs entreprises simultanément, est une piste concrète pour améliorer l’efficacité.

Les défis à surmonter

Parmi les obstacles identifiés, Ali Berrada a mentionné le coût élevé du foncier logistique dans les zones urbaines, la vétusté de certaines infrastructures ferroviaires, et la lenteur administrative dans l’octroi des autorisations. Il a également regretté le manque de coordination entre les différents ministères et agences impliqués, ce qui génère des redondances et des retards.

La question de la connectivité numérique est également cruciale. Sans un réseau internet haut débit étendu et fiable, les outils de gestion intelligente ne peuvent être déployés efficacement sur l’ensemble du territoire marocain.

Une ambition réaliste à condition d’agir vite

Malgré ces difficultés, l’expert estime que l’objectif est atteignable si des réformes structurelles sont engagées rapidement. Il suggère la création d’une agence nationale dédiée à la logistique, chargée de coordonner les actions et de piloter la transition numérique. Des incitations fiscales pourraient également encourager les entreprises à adopter des solutions technologiques.

En conclusion, Ali Berrada a précisé que le Maroc dispose de trois à cinq ans pour consolider son positionnement, avant que d’autres pays africains, comme le Kenya ou l’Afrique du Sud, ne renforcent leurs propres infrastructures. La prochaine étape consistera à évaluer l’impact des réformes en cours et à ajuster la feuille de route en fonction des résultats observés sur le terrain.

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