Intempéries au Maroc : 54 communes officiellement déclarées sinistrées dans le Gharb et le Loukkos

Intempéries au Maroc : 54 communes officiellement déclarées sinistrées dans le Gharb et le Loukkos

Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a signé un arrêté ministériel classant 54 communes des régions du Gharb et du Loukkos comme « sinistrées », suite aux inondations survenues récemment. Cette décision, prise en application de la loi relative à la couverture des conséquences des événements catastrophiques, ouvre la voie à des mesures d’indemnisation et de soutien pour les populations et les infrastructures touchées.

L’arrêté, publié au Bulletin officiel, identifie précisément les localités concernées par ces intempéries, qui ont provoqué des dégâts matériels importants, des pertes agricoles et des perturbations dans les réseaux de transport et d’approvisionnement en eau. Les communes sinistrées sont réparties entre les provinces de Kénitra, Sidi Slimane, et Larache, ainsi que dans la préfecture de Tanger-Assilah, zones particulièrement exposées aux crues des oueds.

Selon les autorités locales, les pluies diluviennes, qui se sont abattues sur le nord-ouest du Maroc entre la fin du mois de janvier et le début du mois de février, ont entraîné la montée rapide des eaux dans les bassins versants du Gharb et du Loukkos. Plusieurs villages ont été isolés, des centaines d’hectares de cultures maraîchères et céréalières ont été submergés, et des dégâts ont été signalés sur les réseaux routiers secondaires et les ponts.

Un mécanisme indemnitaire activé

La déclaration de l’état de sinistre repose sur la loi 110.14, qui instaure un fonds spécial dédié à l’indemnisation des victimes d’événements catastrophiques naturels. Cette législation, adoptée en 2016 et renforcée depuis, vise à garantir une réponse rapide et coordonnée de l’État face aux catastrophes climatiques. Le texte prévoit que les personnes physiques et morales sinistrées, notamment les agriculteurs et les petits commerçants, puissent déposer des demandes d’indemnisation auprès des commissions locales mises en place par les autorités provinciales.

Les représentants locaux, y compris les présidents des conseils communaux et les responsables de la protection civile, ont été invités à évaluer les dégâts de manière exhaustive. Des équipes techniques sont déployées pour inventorier les pertes et estimer les besoins prioritaires, tels que la remise en état des digues, des systèmes d’irrigation et des bâtiments publics endommagés.

Impact économique et agricole

La région du Gharb, considérée comme le grenier agricole du Maroc, a été particulièrement touchée. Les cultures de betterave sucrière, de céréales et de légumes ont subi des pertes significatives, selon les premières estimations des services agricoles. Les éleveurs signalent également la noyade de têtes de bétail et la destruction de pâturages, ce qui pourrait affecter les approvisionnements locaux dans les semaines à venir.

Dans la région du Loukkos, les dégâts ont surtout concerné les infrastructures hydrauliques et les zones maraîchères irriguées. Les autorités locales ont indiqué que plusieurs oueds, dont l’oued Loukkos et l’oued Sebou, ont atteint des niveaux historiques de crue, inondant les plaines basses et les habitations riveraines. Les services météorologiques nationaux avaient émis des alertes de niveau rouge pour ces zones, mais l’intensité du phénomène a dépassé les prévisions initiales.

Prochaines étapes

Le gouvernement prévoit de réunir les commissions intersectorielles dans les deux prochaines semaines pour examiner les rapports d’évaluation et décider des enveloppes budgétaires allouées à chaque commune. Les citoyens sinistrés sont invités à se rapprocher des bureaux des collectivités territoriales de leur commune pour déclarer leurs pertes dans un délai de trente jours à compter de la publication de l’arrêté.

Parallèlement, des mesures d’urgence sont maintenues, notamment la distribution de repas chauds, de couvertures et d’eau potable dans les zones encore isolées. Les autorités locales travaillent également à la restauration la plus rapide possible des axes routiers coupés, afin de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et le retour à la normale des activités économiques.

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