Création de l’Alliance de la gauche au Maroc en vue des législatives de septembre

Création de l’Alliance de la gauche au Maroc en vue des législatives de septembre

Deux composantes majeures de la gauche marocaine, la Fédération de la gauche démocratique (FGD) et le Parti socialiste unifié (PSU), ont annoncé mercredi à Casablanca la création de l’Alliance de la gauche. Cette initiative, qui intervient cinq ans après une rupture ayant fragilisé l’unification de la gauche, vise à présenter un front commun aux élections législatives prévues en septembre prochain.

Une alliance politique stratégique

Les responsables des deux formations ont insisté sur le caractère durable de cette structure. Abdesalam El Aziz, secrétaire général de la FGD, a déclaré qu’il ne s’agit pas d’une alliance électorale mais d’une alliance politique stratégique destinée à se poursuivre après le scrutin de septembre. Le secrétaire général du PSU, Abderrahim El Asri, a lu la déclaration fondatrice, indiquant que l’objectif est d’unifier les luttes des forces démocratiques et progressistes et de dépasser la fragmentation de la scène politique de gauche.

Selon El Asri, l’alliance vise à défendre les revendications légitimes des mouvements sociaux ainsi que la souveraineté nationale. Il a estimé que le contexte national impose une recomposition des forces progressistes face aux défis politiques, économiques, sociaux et liés aux droits humains.

Les principes fondateurs de l’Alliance

La charte politique commune repose sur plusieurs piliers. Le premier lien la défense de la souveraineté nationale à la transition démocratique. Le texte affirme l’attachement à l’intégrité territoriale du Royaume et considère que la démocratie constitue la seule soupape de sécurité pour consolider cette souveraineté. Les deux partis estiment que le renforcement du front intérieur nécessite une démocratisation plus profonde des institutions.

L’alliance défend une lutte commune et pacifique dans les mouvements populaires pour promouvoir un changement démocratique. Cela passe par une réforme constitutionnelle et politique d’envergure. Les signataires plaident pour une séparation effective des pouvoirs menant à l’instauration d’une monarchie parlementaire où l’exercice du pouvoir reviendrait aux représentants élus. Le transfert des prérogatives aux pouvoirs législatif et exécutif devrait s’accompagner d’élections libres et transparentes assurant la souveraineté populaire.

Le troisième pilier concerne la lutte contre la corruption, les rentes et les conflits d’intérêts. Les deux partis appellent à renforcer l’État de droit et à consacrer le principe de responsabilité assortie de la reddition des comptes.

Volet économique et social

Le quatrième axe prévoit la mise en place d’une alternative de développement juste et respectueuse de l’environnement. Il inclut l’amélioration des conditions de vie des catégories sociales les plus vulnérables et des territoires marginalisés.

Position internationale

Sur le plan international, l’Alliance de la gauche réaffirme son opposition à toutes les formes de normalisation avec Israël. Elle renouvelle son soutien à la cause palestinienne ainsi qu’à toutes les causes humaines justes à travers le monde.

Coordination et perspective historique

Les deux formations entendent institutionnaliser leur coopération via des mécanismes permanents de coordination organisationnelle. Le texte fondateur insiste sur la défense de l’égalité réelle, la lutte contre toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et le renforcement de la participation politique des jeunes.

Cette alliance marque un retour partiel à l’esprit de la création de la Fédération de la gauche démocratique en 2014. Cette dernière était née d’une alliance entre le Parti socialiste unifié, le Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste et le Congrès national ittihadi, avec l’objectif d’une fusion progressive des trois formations. Le projet avait toutefois été interrompu par la suite.

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