Le Maroc accélère ses ambitions dans l’industrie automobile

Le Maroc accélère ses ambitions dans l’industrie automobile

Kénitra a accueilli, ce mercredi, la 8e édition du Salon de la compétitivité automobile, marquée par la présence de Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du commerce, et de Abdelhamid El Mazid, gouverneur de la province de Kénitra. Cet événement s’inscrit dans le cadre des efforts du Royaume pour renforcer sa position de hub régional dans le secteur de la construction automobile.

Un secteur en pleine transformation

Lors de son intervention, Ryad Mezzour a souligné l’importance stratégique de l’industrie automobile pour l’économie nationale. Selon le ministre, le Maroc vise à augmenter la part locale des composants fabriqués, actuellement estimée à près de 70 %, pour atteindre 80 % d’ici 2028. Cette progression passe par le développement de la sous-traitance et l’intégration de nouvelles technologies.

Le salon, qui se tient à la Foire internationale de Kénitra, réunit plus de 150 exposants nationaux et internationaux. Les participants présentent des innovations en matière de motorisation, d’électrification et de digitalisation des processus de production. Plusieurs conférences et ateliers sont également programmés pour discuter des défis de la transition énergétique dans le secteur.

Les chiffres clés de la filière

L’industrie automobile marocaine représente aujourd’hui environ 25 % du produit intérieur brut (PIB) manufacturier du pays. En 2023, le Royaume a exporté plus de 180 000 véhicules assemblés, principalement vers l’Europe, faisant du Maroc le premier producteur automobile d’Afrique.

Le gouvernement prévoit d’investir 2,5 milliards de dirhams dans des programmes de formation et d’infrastructures dédiés à l’automobile d’ici 2026. Ces fonds visent à accompagner la montée en gamme des équipementiers locaux et à attirer de nouveaux investisseurs étrangers.

Réactions des acteurs locaux

Abdelhamid El Mazid, gouverneur de la province de Kénitra, a salué l’organisation de cet événement dans sa région, qui abrite plusieurs zones industrielles clés, dont la plateforme automobile de Kénitra. Il a rappelé que la province compte plus de 120 usines liées à la filière, employant directement environ 50 000 personnes.

Plusieurs exposants interrogés ont exprimé leur optimisme quant aux perspectives de croissance. Un responsable d’un équipementier français, présent au salon, a indiqué que son entreprise prévoit d’ouvrir une troisième unité de production au Maroc d’ici 2025, en raison de la stabilité économique et de la main-d’œuvre qualifiée.

Implications pour l’économie nationale

La montée en puissance de l’industrie automobile marocaine s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique. Le secteur contribue à réduire la dépendance aux secteurs agricole et touristique, tout en créant des emplois à valeur ajoutée.

Selon les analystes, le Maroc bénéficie de sa proximité avec l’Union européenne et des accords de libre-échange signés avec plusieurs pays, ce qui facilite l’exportation des véhicules et pièces détachées. Toutefois, la concurrence avec d’autres pays comme l’Inde et la Turquie reste un défi à relever.

Le salon de Kénitra se poursuit jusqu’à vendredi, avec des sessions dédiées aux start-up et aux solutions de mobilité durable.

Prochaines étapes attendues

Les autorités marocaines prévoient de finaliser d’ici la fin de l’année un nouveau plan directeur pour l’industrie automobile, qui devrait inclure des incitations fiscales et des mesures de soutien à la recherche-développement. La mise en œuvre de ce plan pourrait être annoncée lors d’une conférence ministérielle prévue en novembre 2024.

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