Au Maroc, le diagnostic de Bank Al-Maghrib sur l’emploi révèle une situation contrastée. D’un côté, le marché du travail a connu en 2025 un redressement relatif, soutenu par une accélération de l’activité économique dans plusieurs secteurs. De l’autre, le chômage demeure solidement installé, touchant particulièrement les jeunes et les diplômés.
Un redressement partiel de l’emploi
Selon les données publiées par la Banque centrale, le nombre de créations nettes d’emplois a augmenté au cours de l’année 2025, porté par la reprise dans le secteur des services, de l’industrie manufacturière et du BTP. Cette embellie, bien que notable, n’a pas suffi à inverser la tendance structurelle du chômage.
Bank Al-Maghrib précise que le taux de chômage national s’est établi à environ 12,5% en 2025, en légère baisse par rapport à l’année précédente mais encore à un niveau élevé. Le chômage des jeunes de 15 à 24 ans atteint quant à lui 30%, un chiffre qui reste préoccupant pour les autorités.
Des disparités régionales et catégorielles
Le rapport de Bank Al-Maghrib souligne également de fortes disparités régionales. Les régions du nord et de l’oriental enregistrent des taux de chômage plus élevés que la moyenne nationale, tandis que les zones urbaines concentrent davantage de demandeurs d’emploi. Les femmes, et en particulier les diplômées de l’enseignement supérieur, sont les plus touchées par le chômage de longue durée.
En milieu rural, le marché du travail reste majoritairement informel, avec une faible création d’emplois stables. Les activités agricoles, très dépendantes des aléas climatiques, n’offrent pas de perspective durable pour les actifs.
Une reprise économique insuffisante
L’accélération de la croissance économique, estimée à 3,5% en 2025, n’a pas généré une augmentation proportionnelle de l’emploi formel. Les économistes de Bank Al-Maghrib expliquent ce décalage par la structure du tissu productif marocain, dominé par des secteurs à faible intensité de main-d’œuvre, ainsi que par le ralentissement de l’investissement privé.
Par ailleurs, les réformes du code du travail et les incitations à l’embauche, mises en place par le gouvernement, commencent à produire des effets limités, notamment dans le secteur des TPE et PME. Toutefois, le marché parallèle continue d’absorber une part importante des nouveaux entrants.
Perspectives pour 2026
Pour l’année 2026, Bank Al-Maghrib prévoit une poursuite de la reprise économique, avec une croissance potentielle de 4%, conditionnée à une amélioration de la demande interne et à une stabilisation du contexte international. La Banque centrale estime que le taux de chômage pourrait reculer à 11,8% sous l’effet des investissements publics et des programmes de soutien à l’emploi.
Les prochaines étapes incluent la mise en œuvre des mesures annoncées dans le cadre de la nouvelle stratégie nationale pour l’emploi, dont le déploiement est attendu d’ici la fin du premier semestre 2026. Des évaluations trimestrielles seront publiées par le haut-commissariat au Plan pour suivre l’évolution du marché du travail.
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