Alors que le Maroc se prépare pour les élections législatives du 23 septembre 2026, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) fait face à des remous internes. La validation des investitures pour les listes régionales, approuvée samedi par le Bureau politique du parti, suscite des critiques de la part de plusieurs candidates, qui dénoncent un manque de transparence et remettent en question les critères de sélection. Des démissions, des suspensions et des menaces de recours judiciaires sont venues s’ajouter aux accusations, plongeant le parti dans une période de turbulences. Les contestations portent notamment sur le rôle des contributions financières dans le processus de désignation.
Des contestations croissantes sur la procédure de sélection
Le Bureau politique de l’USFP a approuvé les travaux des commissions chargées de statuer sur les candidatures régionales. Il affirme que ces décisions, prises à l’unanimité, respectent les statuts et le règlement intérieur du parti. Selon un communiqué officiel, aucune réclamation n’a été déposée depuis le début du processus. La direction salue également l’attitude qu’elle qualifie de « fraternelle » des militantes non retenues.
Cette version des faits est toutefois contestée par plusieurs protagonistes. Des candidates dénoncent des irrégularités et réclament davantage de transparence sur les règles encadrant la procédure. Parmi elles, certains responsables régionaux ont présenté leur démission, tandis que d’autres ont suspendu leur adhésion.
Cas emblématiques et accusations de favoritisme
Le Bureau politique a accepté la démission de Raja El Bekkali Taheri, sans fournir de détails sur les raisons de son départ. En revanche, le cas de Meriem Jamal El Idrissi, membre du conseil national et du secrétariat national des femmes socialistes, a fait l’objet d’une réponse plus détaillée. Celle-ci a quitté le parti après avoir contesté les résultats des commissions, évoquant des soupçons de versements d’argent en échange de candidatures.
Dans une lettre adressée à la direction, Meriem Jamal El Idrissi affirmait avoir entendu des candidates discuter de sommes comprises entre 1,4 et 1,6 million de dirhams pour financer leur campagne. Elle précisait toutefois que ces informations n’avaient pas été vérifiées. Le Bureau politique rejette catégoriquement ces allégations, les qualifiant de « mensongères » et se réservant le droit de saisir la justice.
La contribution financière au cœur des interrogations
Manal Tekal, membre du Bureau politique, a également exprimé des doutes sur le processus de sélection. Dans une lettre ouverte adressée au premier secrétaire du parti, Idriss Lachgar, elle affirme que la contribution financière aurait joué un rôle prépondérant, surpassant les critères déclarés comme la compétence, le parcours militant et le rayonnement politique. Elle demande l’accès aux procès-verbaux des commissions et aux grilles d’évaluation pour vérifier ces allégations.
La direction du parti, quant à elle, réaffirme la régularité du processus. Elle estime que la contribution financière n’est qu’un critère parmi d’autres et que les accusations portent atteinte à la crédibilité des institutions de l’USFP.
De possibles recours et vérifications
Les contestations en cours pourraient entraîner des vérifications indépendantes afin de clarifier les règles de sélection. Manal Tekal a d’ailleurs proposé de soumettre la procédure à un contrôle externe. Le parti pourrait également faire face à des recours judiciaires, une perspective que la direction n’exclut pas si les accusations s’avèrent infondées. Cette situation pourrait influencer les préparatifs électoraux de l’USFP dans les prochains jours, alors que la date du scrutin approche.
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