Temps scolaire au Maroc : les enseignants du primaire contestent le maintien du samedi travaillé

Temps scolaire au Maroc : les enseignants du primaire contestent le maintien du samedi travaillé

Le débat sur l’organisation du temps scolaire dans l’enseignement primaire au Maroc connaît un nouveau développement. L’Union nationale de l’enseignement (UNE) a exprimé son mécontentement face à la décision du ministère de l’Éducation nationale de maintenir le samedi comme jour travaillé pour les enseignants du primaire. Le syndicat estime que cette décision contrevient aux dispositions du décret n° 2.05.916 relatif à la fixation des jours et horaires de travail dans les administrations de l’État et les collectivités territoriales.

Dans un communiqué, l’organisation syndicale affirme suivre avec « mécontentement » la position du département de tutelle. Elle soulève un « important problème juridique » et appelle à une clarification rapide de la part des autorités compétentes. Le syndicat demande notamment la publication d’un guide pratique unifié encadrant la répartition des horaires hebdomadaires, qui serait explicitement conforme aux textes légaux en vigueur.

Des revendications fondées sur le décret n° 2.05.916

L’Union nationale de l’enseignement soutient que l’application correcte du décret n° 2.05.916 implique de considérer le samedi comme un jour de repos hebdomadaire. Elle rappelle également que la durée quotidienne d’enseignement ne devrait pas excéder 3 heures et 45 minutes pour les professeurs du primaire. Selon le syndicat, le maintien du samedi travaillé dans le secteur de l’éducation nationale ne repose sur aucune nécessité légale, contrairement à ce que prévoit l’article 3 du même décret pour des cas exceptionnels.

Par ailleurs, l’organisation syndicale insiste sur le fait que l’élaboration des emplois du temps hebdomadaires ne relève pas des missions attribuées aux enseignants par l’article 15 du statut de base. Ce manque de directives ministérielles pousse parfois les enseignants à établir eux-mêmes ces répartitions, ce que le syndicat juge contraire à leurs prérogatives. Dans cette hypothèse, il estime nécessaire de respecter strictement l’article premier du décret susmentionné, qui fixe les jours de travail des fonctionnaires de l’État du lundi au vendredi.

Une organisation horaire détaillée proposée par le syndicat

Le syndicat propose une répartition précise des séances d’enseignement. Pour la matinée, il préconise une première séance de 8 h 30 à 10 h 15, suivie d’une seconde de 10 h 30 à 12 h 15, avec une pause de quinze minutes entre les deux. L’après-midi serait organisé en deux séances, de 12 h 45 à 14 h 30, puis de 14 h 45 à 16 h 30. Cette organisation permettrait, selon l’UNE, de respecter une durée hebdomadaire d’enseignement de 18 heures et 15 minutes, répartie sur cinq jours.

L’Union nationale de l’enseignement souligne que l’organisation du temps scolaire relève de la responsabilité du ministère et des administrations concernées, et non des enseignants. Elle maintient que le samedi constitue un jour de repos légal au regard du décret n° 2.05.916 et que la charge hebdomadaire d’enseignement ne peut excéder 18 heures et 15 minutes.

Une lettre adressée au ministre de l’Éducation nationale

Dans le prolongement de ces revendications, le syndicat a adressé une correspondance au ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohamed Saad Berrada. Cette lettre porte sur l’application du décret n° 2.05.916 et l’organisation des horaires hebdomadaires. Le syndicat y souligne la nécessité de respecter les dispositions de l’article premier du décret, qui fixe les jours de travail des agents de l’État du lundi au vendredi, ainsi que les horaires de travail établis entre 8 h 30 et 16 h 30.

Le syndicat rejette également le recours à l’exception prévue par l’article 3 du décret, sauf dans les cas de nécessité expressément prévus par le texte. Selon lui, l’étude jointe à la correspondance démontre l’absence de circonstances justifiant le maintien du travail le samedi dans le secteur de l’éducation nationale. Le syndicat demande enfin la publication d’un guide pratique relatif à la répartition des horaires hebdomadaires, à l’image de celui publié par le ministère en 1995.

Les enseignants du primaire attendent désormais une réponse du ministère. Ils rappellent que l’élaboration des répartitions horaires hebdomadaires ne figure pas parmi les missions prévues pour les enseignants par l’article 15 du statut particulier des fonctionnaires du ministère chargé de l’Éducation nationale, adopté en vertu du décret n° 2.24.140 du 23 février 2024. La clarification attendue pourrait intervenir dans les prochaines semaines, alors que les tensions persistent sur ce dossier.

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