Le démenti d’une source sécuritaire sur la fuite des données personnelles de fonctionnaires

Le démenti d’une source sécuritaire sur la fuite des données personnelles de fonctionnaires

Au Maroc, une source sécuritaire de premier plan a formellement démenti, ce week-end, tout piratage informatique des systèmes de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST). Cette mise au point intervient après la divulgation, jeudi soir, de listes de données personnelles présentées comme issues de ces institutions.

Selon cette source, les données concernées, qui portent sur des fonctionnaires, sont obsolètes et datent d’une époque antérieure à 2015. Elles n’auraient pas été extraites des bases de données sécuritaires, qui sont, selon elle, déconnectées d’Internet, mais proviendraient de systèmes d’information d’organismes d’assurance et de couverture santé liés à l’État par des contrats publics.

Une origine présumée dans les systèmes d’assurance

La source sécuritaire a précisé que les données divulguées ont été obtenues à partir des systèmes d’information de certaines organisations d’assurance et de couverture santé qui gèrent les contrats d’assurance-vie, d’assurance maladie et de couverture santé des fonctionnaires. Elle a indiqué que ces systèmes ne sont pas reliés au réseau sécuritaire, qui est protégé par plusieurs niveaux de sécurité et n’est pas ouvert sur Internet.

Les vérifications techniques menées par les services compétents ont mis en évidence, selon la même source, des anomalies dans les données divulguées. Il s’agit notamment de grades réglementaires erronés ou ne correspondant pas à la situation actuelle des agents, ainsi que d’années d’entrée dans la fonction présentant des incohérences. Un même millésime, 2007, aurait été attribué à tous les agents en poste avant cette date, ce qui démontre l’ancienneté des informations.

Des données faussement attribuées à la police

La source a également souligné que certaines données d’identification publiées, comme des numéros de crédit ou des identifiants bancaires, ne relèvent pas des bases de données de la police et n’y figurent pas. Cela accrédite la thèse selon laquelle les fichiers divulgués proviennent d’autres organismes détenant des informations sur les fonctionnaires.

Le communiqué conjoint de la DGSN et de la DGST, publié jeudi, avait déjà catégoriquement démenti toute intrusion dans leurs bases de données. Il soulignait que les fichiers avaient été téléchargés à partir de systèmes gérés par des organismes d’assurance et de couverture sociale et sanitaire.

La question de la protection des données personnelles

Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des institutions publiques et des organismes privés qui détiennent des données personnelles au Maroc. La Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP) est désormais attendue sur la question. Elle pourrait être amenée à évaluer les manquements dans la gestion de ces fichiers et à proposer des sanctions à l’encontre des entreprises fautives, conformément à la législation en vigueur.

Les experts estiment que ces fuites révèlent des lacunes dans la sécurisation des systèmes d’information de certaines structures liées à l’État. Ils appellent à un renforcement des contrôles et à une mise à niveau des protocoles de sécurité pour éviter que ces incidents ne se reproduisent.

Sur le plan préventif, la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information (DGSSI) pourrait multiplier les campagnes de sensibilisation auprès des organismes détenteurs de données sensibles. Il s’agit de les encourager à adopter des standards élevés de protection informatique, afin de préserver la souveraineté nationale et d’empêcher toute manipulation des informations personnelles des citoyens.

Aucune annonce officielle n’a encore été faite concernant une éventuelle enquête judiciaire sur cette fuite. Les autorités devraient néanmoins clarifier, dans les prochains jours, les suites réservées à cette affaire et les mesures concrètes à prendre pour garantir la sécurité des données des fonctionnaires et des usagers.

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