Trois ans après le séisme dévastateur du Haut Atlas, survenu en septembre 2023, l’Institut national de géophysique (ING) a dressé un bilan de l’activité sismique au Maroc. Selon les données communiquées à Hespress, la tendance générale reste marquée par des secousses de faible magnitude, souvent imperceptibles pour la population.
Au cours des douze derniers mois, les tremblements de terre enregistrés ont tous été inférieurs à 5 degrés sur l’échelle de Richter. Les données disponibles ne comportent aucun indicateur laissant présager des séismes dépassant ce seuil, précise l’ING.
Le directeur de l’Institut, Abdennasser Jebbour, a expliqué que le processus de libération des contraintes tectoniques se poursuit dans la croûte terrestre. L’activité sismique souterraine, y compris à des profondeurs relativement importantes, reste sous surveillance.
Une hausse de 10 à 15 % de l’activité sismique dans le Royaume
Depuis le séisme du Haut Atlas, l’activité sismique a augmenté de 10 à 15 % dans la plupart des régions du Maroc. La région d’Al Haouz, épicentre du tremblement de terre de 2023, a connu une hausse plus notable, touchant environ six ou sept provinces à des degrés variables, conformément aux prévisions après une secousse majeure.
La nature des secousses a cependant évolué. Dans la première phase suivant le séisme principal, des répliques étaient fréquentes. Aujourd’hui, elles sont plus espacées dans le temps, même si certaines peuvent encore être ressenties, notamment la nuit ou dans le calme, par les habitants de la région.
M. Jebbour a souligné que la persistance de ces secousses est normale dans le contexte post-sismique du Haut Atlas. Le processus de libération tectonique devrait se poursuivre pendant plusieurs années, a-t-il ajouté.
Un séisme de 2023 qui a surpris les spécialistes
Le tremblement de terre de 2023 a constitué une surprise pour les experts. Les données disponibles avant sa survenue, qu’elles soient géologiques ou liées aux contraintes tectoniques dans le Haut Atlas, ne permettaient pas d’envisager un séisme d’une telle puissance. Les moyens de surveillance de l’époque ne fournissaient pas suffisamment d’éléments pour anticiper cet événement, a reconnu le directeur de l’ING.
Depuis le 8 septembre 2023, l’activité sismique ne s’est pas arrêtée. Les observations sur trois ans montrent une hausse relative de son niveau sur le territoire national, ainsi que dans les zones maritimes voisines. Les secousses actuelles sont toutefois moins fortes et plus espacées dans le temps qu’au lendemain du séisme principal.
Leçons et prévention
Abdennasser Jebbour estime que les Marocains ont tiré des enseignements du séisme du Haut Atlas et disposent désormais d’une meilleure connaissance des risques sismiques. Il espère que les précautions seront renforcées à l’avenir, notamment dans le domaine de la construction, avec le respect des normes de sécurité pour les bâtiments et les infrastructures.
Parallèlement, un vaste effort est engagé au niveau de l’État dans le domaine de la prévention et de l’anticipation, à travers l’élaboration de lois et de réglementations visant à réduire les dommages potentiels en cas de futurs séismes.
Les autorités et les scientifiques poursuivent leur suivi de l’activité sismique au Maroc. Les prochaines étapes devraient s’appuyer sur les données recueillies pour affiner les modèles de prédiction et améliorer la préparation du pays face à ce type de phénomène naturel.
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