Les réserves d’eau des barrages marocains doublent en un an

Les réserves d’eau des barrages marocains doublent en un an

Au 31 août 2025, les barrages marocains stockaient 5,67 milliards de m³ d’eau. Un an plus tard, ce volume a plus que doublé pour atteindre 11,51 milliards de m³, soit une progression de plus de 100 %.

Cette hausse significative s’explique par des précipitations abondantes durant l’hiver et le printemps derniers, ainsi que par une gestion renforcée des ressources hydriques nationales. Les autorités marocaines ont également mis en œuvre des programmes de transfert d’eau entre bassins, notamment vers les régions les plus touchées par la sécheresse.

Un taux de remplissage national en amélioration

Selon les données officielles du ministère de l’Équipement et de l’Eau, le taux de remplissage global des barrages s’établit désormais à 45 %, contre 22 % il y a un an. Cette évolution réduit les risques de pénurie pour l’alimentation en eau potable et l’irrigation agricole.

Les barrages les plus importants, comme Al Massira, Bin El Ouidane et Al Wahda, affichent des niveaux nettement supérieurs à ceux de l’année précédente. Par exemple, le barrage Al Massira, situé dans la région de Settat, a vu son stock passer de 90 millions de m³ à plus de 700 millions de m³.

Des impacts directs sur l’agriculture et l’énergie

Cette amélioration profite directement au secteur agricole, qui représente environ 15 % du PIB marocain. Les périmètres irrigués bénéficient de quotas d’eau plus généreux, permettant aux agriculteurs de mieux planifier les campagnes agricoles, en particulier pour les cultures céréalières et maraîchères.

Le secteur hydroélectrique enregistre également une reprise. Plusieurs centrales, dont celles de l’Oued El Abid et de l’Oum Errabia, ont augmenté leur production grâce à des débits soutenus. Cela contribue à la diversification du mix énergétique national, encore largement dépendant des combustibles fossiles.

Une stratégie nationale de gestion de l’eau

Le Maroc a lancé depuis 2020 un programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation, doté d’un budget de 14 milliards de dollars. Il comprend la construction de nouveaux barrages, la réutilisation des eaux usées traitées et le dessalement de l’eau de mer.

Les précipitations de la saison 2025-2026 ont également permis de recharger les nappes phréatiques, bien que leur niveau reste inférieur à la moyenne historique. Selon les experts, la situation demeure fragile dans certaines régions du sud du pays, où la dépendance aux eaux souterraines est élevée.

Prochaines étapes et enjeux à venir

Les autorités prévoient d’achever d’ici 2027 plusieurs projets de dessalement, notamment à Casablanca, Agadir et Dakhla, afin de sécuriser l’approvisionnement des grandes villes côtières. Le ministère de l’Équipement et de l’Eau a également annoncé un plan d’urgence pour les régions encore en stress hydrique, avec des mesures de restriction ciblées.

La prochaine saison des pluies, qui débute généralement en octobre, sera déterminante pour consolider ces acquis. Les prévisions météorologiques à long terme restent incertaines, mais les réserves actuelles offrent une marge de manœuvre inédite depuis plusieurs années.

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