Une récente étude scientifique publiée dans la revue « Energy Reports » par des chercheurs de la faculté des sciences de Rabat met en avant le potentiel de l’éolien offshore pour soutenir l’électrification des villages de pêcheurs au Maroc. Selon les auteurs, les zones côtières marocaines disposent de ressources en vent suffisantes pour alimenter des installations dédiées aux communautés isolées du réseau électrique national.
L’étude, réalisée par une équipe de la faculté des sciences de l’Université Mohammed V de Rabat, a analysé les données météorologiques et océanographiques sur plusieurs sites côtiers, notamment au niveau de l’Atlantique et de la Méditerranée. Les résultats indiquent que certaines zones, particulièrement au sud de la région de Dakhla-Oued Eddahab et au nord de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, présentent des vitesses de vent moyennes annuelles supérieures à 8 mètres par seconde, ce qui est favorable à l’exploitation des turbines offshore.
Un levier pour les zones rurales et côtières
Les villages de pêcheurs, souvent éloignés des centres urbains et des infrastructures énergétiques, pourraient bénéficier de solutions décentralisées. L’éolien offshore, combiné à des systèmes de stockage par batteries, permettrait de couvrir les besoins en électricité pour la conservation du poisson, l’éclairage ou le fonctionnement de petits équipements. Selon les chercheurs, une capacité installée de quelques mégawatts pourrait répondre à la demande d’une vingtaine de villages, réduisant leur dépendance aux générateurs diesel, coûteux et polluants.
L’étude souligne également que le développement de telles infrastructures nécessiterait des investissements importants, mais elle insiste sur les bénéfices à long terme, tant sur le plan économique que social. Les auteurs recommandent une évaluation précise des conditions locales, notamment la bathymétrie et l’impact environnemental, avant toute mise en œuvre.
Contexte national et perspectives
Le Maroc s’est fixé pour objectif de porter à 52 % la part des énergies renouvelables dans son mix électrique d’ici 2030. Si le solaire et l’éolien terrestre dominent actuellement, l’éolien offshore reste encore peu exploré. Des projets pilotes sont évoqués dans le cadre de la stratégie énergétique nationale, mais aucune échéance officielle n’a été annoncée à ce stade.
Cette étude, qui s’inscrit dans une dynamique de recherche appliquée, pourrait servir de base à des décisions politiques et à des partenariats public-privé. Toutefois, les chercheurs rappellent que des études complémentaires sont indispensables pour valider la faisabilité technique et économique à l’échelle locale.
Dans les prochaines années, le Maroc pourrait lancer des appels d’offres pour des fermes pilotes en mer, en s’appuyant sur les résultats de ces travaux. Les acteurs institutionnels, dont l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN), suivent de près ces évolutions. La question reste ouverte quant au calendrier précis, mais la recherche scientifique fournit désormais des données objectives pour orienter les choix futurs.
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