Incendies en Kabylie : le MAK et l’Anavad réclament une enquête internationale

Incendies en Kabylie : le MAK et l’Anavad réclament une enquête internationale

Alger, le 15 août 2026 – Le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) et le Gouvernement provisoire kabyle en exil (Anavad) ont annoncé, ce dimanche, la préparation d’un projet de loi visant à qualifier les incendies meurtriers qui ont frappé le nord-est de l’Algérie d’« actes de guerre non conventionnelle ». Ce texte, qui sera soumis au Parlement kabyle, reconnaîtrait les victimes de ces feux comme « victimes de guerre », ouvrant droit à des indemnisations de la part de l’État kabyle dès qu’il contrôlera le territoire.

Dans son premier discours depuis sa nomination à la tête de l’Anavad, diffusé sur la chaîne de télévision kabyle, Karim Achab a dressé un bilan humain et matériel. Selon lui, « la Kabylie fait face, depuis plusieurs jours, à une nouvelle série d’incendies criminels qui ont fait plus d’une centaine de morts ». Il a également évoqué d’importants dégâts écologiques, parlant d’une « véritable catastrophe écologique ».

Des accusations récurrentes contre Alger

Karim Achab a réaffirmé que son mouvement dispose « d’un ensemble d’indices qui confirment qu’une guerre non conventionnelle est menée contre la Kabylie par le régime algérien ». Il accuse des éléments des services de sécurité, des officiers et des cadres militaires et civils d’être impliqués dans ces incendies, dans le cadre d’un projet dénommé « Kabylie zéro », avec le feu vert des autorités algériennes.

Pour étayer sa demande d’enquête internationale indépendante, il cite des vidéos de témoins ayant découvert sur les lieux des incendies des capsules contenant du phosphore, un agent incendiaire. Il affirme que certains témoins ont ensuite été arrêtés par la Gendarmerie nationale. Il évoque également des images montrant l’apparition simultanée de foyers selon des lignes parallèles et coordonnées, ainsi que des flammes prenant dans la cime des arbres, ce qui, selon lui, indiquerait un largage aérien de substances inflammables.

La question de la décision d’interdiction d’accès aux forêts

Le responsable kabyle est également revenu sur une décision des autorités algériennes, prise au début de l’été 2026, interdisant l’accès aux zones boisées, avant son annulation deux mois plus tard. Il affirme que son mouvement « soupçonne que cette décision avait pour objectif de procéder à des reconnaissances et de préparer la logistique nécessaire au déclenchement des incendies ».

En 2021, Alger avait accusé le MAK, le Maroc et Israël d’être à l’origine des incendies, sans toutefois déposer de plainte internationale, selon Karim Achab. Il compare cette attitude à la demande d’enquête internationale formulée par l’Algérie après le bombardement de deux camions algériens à la frontière mauritanienne. « Comment un État peut-il déposer une plainte pour la mort de deux personnes et ignorer le recours aux institutions internationales dans des crimes ayant coûté la vie à plus de 500 personnes ? » s’interroge-t-il.

Vers une intensification des actions juridiques

L’Anavad a annoncé son intention d’intensifier ses démarches auprès des instances internationales et de renforcer sa coopération avec des cabinets d’avocats internationaux afin d’établir les responsabilités. « Les procédures internationales prennent du temps, mais nous allons tout faire pour faire éclater la vérité », a déclaré Karim Achab. Le mouvement a déjà déposé plusieurs plaintes depuis 2021.

En conclusion, le président désigné du Gouvernement provisoire kabyle a accusé les auteurs présumés des incendies de poursuivre leurs actes « par haine organisée et sur ordre de hauts responsables », dans le cadre d’une stratégie de la terre brûlée visant, selon lui, « à détruire les conditions de vie, à arabiser et à déplacer la population ». Il a toutefois conclu sur une note de défi : « Que la Kabylie brûle ou non, elle renaîtra grâce à ses enfants, à leur courage et à leur attachement à leur terre. »

Les prochaines étapes pourraient inclure la présentation officielle du projet de loi au Parlement kabyle, ainsi que le dépôt de nouvelles plaintes devant les juridictions internationales. Aucune réaction officielle des autorités algériennes n’a été signalée à ce stade.

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