À quelques mois des élections législatives prévues le 23 septembre, la circonscription de Fahs-Anjra, située dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, s’impose comme un terrain électoral clé. Les deux sièges à pourvoir suscitent des convoitises, dans un contexte de profondes mutations politiques locales. Les résultats des scrutins de 2016 et de 2021 illustrent des transferts de voix significatifs entre les formations politiques, rendant les pronostics incertains.
Le scrutin de 2021 avait marqué une rupture nette dans cette circonscription à dominante rurale. Le Rassemblement national des indépendants (RNI) était arrivé en tête avec 14.643 voix, permettant à Abdessalam Hassnaoui de remporter le premier siège. Le Parti de l’Istiqlal avait suivi avec 10.096 voix, donnant à Driss Saour Al Mansouri le second siège parlementaire.
À l’inverse, le Parti de la justice et du développement (PJD), qui dominait le scrutin précédent, avait subi une baisse significative. Avec seulement 2.534 voix, il avait perdu son siège, chutant à la troisième place. Le Parti authenticité et modernité (PAM) avait connu un recul encore plus marqué, passant de 6.558 voix en 2016 à 369 voix, se reléguant à la cinquième position.
Les enseignements des élections de 2016
En 2016, l’ordre électoral était radicalement différent. Le PJD était en tête grâce à Souad Boulaïch Al-Hajraoui, qui avait recueilli 7.594 voix. Le PAM avait obtenu la deuxième place avec 6.558 voix, offrant un siège à Redouane Nouino. Le RNI, avec 4.819 voix, n’avait pas réussi à transformer son score en représentation parlementaire.
Les autres formations, dont l’Alliance Al Ahd wa Attajdid, l’USFP et la Fédération de la gauche démocratique, avaient obtenu des résultats marginaux. Ce contraste entre les deux scrutins illustre l’ampleur des transferts électoraux, le PJD et le PAM ayant perdu ensemble plus de 11.249 voix entre 2016 et 2021, tandis que le RNI et l’Istiqlal cumulaient une progression totale de 19.541 suffrages.
Des candidats qui changent de camp
Pour les élections de 2026, plusieurs figures locales changent de parti, ajoutant une incertitude supplémentaire. Le RNI a investi Redouane Nouino, qui avait remporté un siège en 2016 sous les couleurs du PAM. Le Parti de l’Istiqlal renouvelle sa confiance à Driss Saour Al Mansouri, député sortant, qui vise un nouveau mandat.
Le PJD mise de nouveau sur Souad Boulaïch Al-Hajraoui, arrivée en tête en 2016, pour reconquérir un électorat perdu. Le PAM présente Abdessalam Chellaf, anciennement associé au RNI, avec l’ambition de redevenir une force politique majeure dans la circonscription.
Une dynamique électorale complexe
Les écarts de voix enregistrés lors des précédents scrutins suggèrent que le résultat de 2026 reste incertain. Les changements d’affiliation politique pourraient affecter les équilibres, tout comme la montée de nouvelles formations ou l’abstention. La campagne officielle débutera quelques semaines avant le scrutin, avec une attention particulière sur les zones rurales.
Les observateurs suivront de près les meetings et les promesses électorales, notamment sur les questions de développement local, d’infrastructures et d’emploi, qui restent au centre des préoccupations des électeurs de Fahs-Anjra. À l’issue du vote, les résultats pourraient de nouveau redessiner la carte politique locale, confirmant la volatilité de cette circonscription.
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