À moins de trois semaines des élections législatives du 23 septembre, la circonscription de Ouarzazate présente une configuration électorale profondément renouvelée. Trois sièges sont en jeu, mais le retour du Parti de la justice et du développement (PJD), les changements de candidats et les recompositions politiques depuis 2021 rendent l’issue particulièrement ouverte.
Une circonscription marquée par le basculement de 2021
Lors des élections législatives de 2021, le Rassemblement national des indépendants (RNI) était arrivé en tête avec 30.677 voix, suivi du Mouvement populaire (MP) avec 21.982 suffrages et du Parti authenticité et modernité (PAM) avec 13.168 voix. Ces trois formations avaient remporté les sièges de la circonscription, avec Youssef Chiri (RNI), Omar El Baz (MP) et El Houssine Bouhssini (PAM).
Ce scrutin avait marqué un changement profond du rapport de forces local. Cinq ans plus tôt, en 2016, les trois sièges étaient revenus au PJD, au MP et au PAM, respectivement représentés par Saïd Seddak, Saïd Amskane et Ismaïl Lamawi. Le PJD dominait alors la scène électorale locale avec 18.028 suffrages, tandis que le RNI était absent du trio gagnant.
Le scrutin de 2021 a donc acté une recomposition spectaculaire : le PJD a perdu toute représentation parlementaire dans la circonscription, tandis que le RNI s’est hissé en première position. Le MP et le PAM ont conservé leurs sièges, mais avec de nouveaux titulaires.
Un paysage politique renouvelé
La campagne pour les législatives de cette année se distingue également par le profil des candidats. En 2016, seize listes concouraient pour trois sièges, représentant notamment l’Istiqlal, le RNI, le Parti du progrès et du socialisme (PPS), l’Union socialiste des forces populaires (USFP), l’Union constitutionnelle (UC) et plusieurs autres formations. Dix ans plus tard, plusieurs partis alignent de nouvelles têtes de liste.
Les stratégies des principaux partis
Le RNI a choisi de reconduire Youssef Chiri, artisan de sa victoire en 2021. Le contexte politique actuel diffère toutefois de celui qui avait favorisé son élection, et l’évolution des comportements électoraux pourrait jouer un rôle déterminant.
Au PAM, la principale nouveauté est la désignation d’Iman Lamawi comme tête de liste locale. Députée de la région Drâa-Tafilalet durant la législature actuelle, elle brigue désormais un siège via la circonscription locale. Son prédécesseur, El Houssine Bouhssini, a pour sa part quitté le PAM et se présente maintenant sous les couleurs de l’Union constitutionnelle.
Le retour du PJD
Absent de la représentation parlementaire depuis 2021, le PJD entend retrouver une place à Ouarzazate. Le parti a investi Rachid El Kadi, membre du conseil communal de Skoura, qui participe pour la première fois à une campagne législative locale en tant que chef de file. Cette situation diffère nettement de celle de 2016, lorsque le parti détenait un siège, et de celle de 2021, marquée par son éviction complète.
Une multitude de candidatures
Le PPS sera représenté par Saïd Aqdad, président du Groupement des collectivités territoriales de Ouarzazate chargé de la prévention et de l’hygiène. L’USFP aligne Abdelmoula Amekssou, après avoir obtenu 712 voix en 2016 et 1.045 voix en 2021. Le Mouvement populaire a confié sa liste à Hassan El Yazidi, président de la commune de Telouet, succédant à Omar El Baz.
Les élections du 23 septembre permettront de déterminer si ces nouvelles dynamiques aboutiront à une nouvelle redistribution des sièges. Les résultats devraient être publiés dans la soirée du scrutin, et les premiers enseignements pourraient être tirés dès le lendemain.
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