Santé : les syndicats exhortent le futur gouvernement à finaliser l’accord de 2024

Santé : les syndicats exhortent le futur gouvernement à finaliser l’accord de 2024

À quelques semaines des élections législatives du 23 septembre, les syndicats du secteur de la santé au Maroc rappellent que plusieurs engagements de l’accord du 23 juillet 2024 restent à concrétiser. Les représentants des professionnels estiment que, malgré des avancées, des dossiers essentiels concernant les conditions de travail, la rémunération et la gestion des carrières demeurent en suspens. Ils appellent le futur exécutif à achever la mise en œuvre de cet accord, dans le cadre du dialogue social.

Les organisations syndicales participant à la Coordination syndicale nationale du secteur considèrent que l’application complète de l’accord figurera parmi les chantiers prioritaires du prochain gouvernement. Elles insistent sur la nécessité de poursuivre les réformes engagées et d’honorer l’ensemble des engagements pris, afin de répondre aux attentes des personnels de santé.

Des décrets toujours attendus

Selon Mustapha Chenaoui, secrétaire général du Syndicat national de la santé, affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), plusieurs dispositions de l’accord ont été mises en œuvre, mais d’autres nécessitent encore l’adoption de textes réglementaires. Il cite en particulier la publication du décret relatif à l’indemnité des programmes de santé, ainsi que celui concernant le corps des assistants de santé, qui regroupe les assistants en soins, les techniciens des traitements et du secours sanitaire.

Ce corps englobe plusieurs spécialités, notamment le transport sanitaire, l’assistance au bloc opératoire, l’accueil et l’orientation dans les services d’urgence, la stérilisation du matériel médical, le secrétariat médico-social et l’assistance dentaire. Le responsable syndical juge indispensable l’adoption rapide de ce texte, car ces professionnels participent directement à la prise en charge des patients.

Promotion et indemnités : des revendications persistantes

Mustapha Chenaoui plaide aussi pour une amélioration des mécanismes de promotion professionnelle, afin de les rendre plus rapides et plus équitables pour toutes les catégories de personnel. Il appelle également à l’élaboration d’un référentiel des compétences et des fonctions, destiné à accompagner la mise en œuvre des dispositions prévues par l’accord.

Les revendications portent aussi sur le régime des indemnités. Le syndicaliste préconise la suppression de l’indemnité de permanence au profit d’une indemnité de garde pour les personnels administratifs et techniques. Il souhaite une révision du mode de calcul de cette compensation, sur le modèle appliqué aux infirmiers et aux médecins.

Pour Mustapha Chenaoui, les mesures restant à concrétiser représentent une part limitée par rapport aux avancées déjà réalisées, mais elles demeurent essentielles pour les partenaires sociaux. Ces derniers entendent poursuivre les discussions avec le prochain gouvernement afin d’aboutir à un règlement global de la situation des ressources humaines dans les secteurs de la santé et de la protection sociale.

Les infirmiers et techniciens de santé s’expriment

Les infirmiers et techniciens de santé mettent également en avant plusieurs revendications jugées insatisfaites. Abdellah Mirouch, secrétaire national du Syndicat indépendant des infirmiers et techniciens de santé, souligne que le décret relatif à l’indemnité des programmes de santé, prévoyant une compensation mensuelle de 1 000 dirhams, n’est toujours pas publié.

Il cite également parmi les dossiers en attente la définition officielle de la liste des actes et missions relevant de la profession infirmière. « Il n’est pas concevable que des milliers d’infirmiers et de techniciens de santé exercent sans qu’un cadre précis définisse leurs compétences et leurs responsabilités, alors que le ministère a déjà identifié des milliers d’actes médicaux et paramédicaux », explique-t-il.

Pour Abdellah Mirouch, l’absence d’un tel référentiel contribue à une situation d’incertitude juridique. Il relève que certains infirmiers et techniciens font l’objet de poursuites ou d’arrestations pour non-assistance à personne en danger, alors même que certaines tâches ne relèvent pas de leurs prérogatives professionnelles. Une clarification des missions permettrait de mieux délimiter les champs d’intervention et de réduire ces contentieux.

Création de l’Ordre national des infirmiers et techniciens de santé

Autre revendication portée par la profession : la création de l’Ordre national des infirmiers et techniciens de santé. Abdellah Mirouch estime que l’absence de cette instance a favorisé une certaine désorganisation dans les secteurs public et privé. Un tel organisme pourrait assurer des missions de régulation et de contrôle, garantir aux citoyens des soins de qualité, tout en offrant un cadre de responsabilisation des professionnels en cas de faute et de protection lorsqu’ils sont injustement mis en cause.

Alors que les élections approchent, les syndicats attendent du futur gouvernement des actes concrets. La finalisation des textes réglementaires, la clarification des missions et la révision des indemnités constituent des priorités. Les partenaires sociaux se disent prêts à poursuivre les négociations après la formation du nouvel exécutif, dans l’objectif d’une résolution durable des questions liées aux ressources humaines dans la santé.

Commentaires (0)

Laissez votre commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.