Handicap au Maroc : une nouvelle enquête révèle qu’un ménage sur trois est concerné

Handicap au Maroc : une nouvelle enquête révèle qu’un ménage sur trois est concerné

La troisième Enquête nationale sur le handicap au Maroc, dont les résultats ont été présentés jeudi à Rabat, indique qu’environ un tiers des ménages marocains comptent désormais au moins une personne en situation de handicap. Le taux de prévalence du handicap est ainsi passé de 6,8 % en 2014 à 8,7 % en 2026, selon les données dévoilées par Abdeljabbar Rachidi, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, chargé de l’Insertion sociale.

Réalisée auprès d’un échantillon de 20 412 ménages, l’enquête fait état d’un taux de handicap sévère de 2,3 % au niveau national. Elle met en évidence de fortes disparités selon l’âge, le sexe et la région. Le handicap augmente avec l’âge, touchant environ 26 % des personnes âgées. Les femmes sont également plus concernées que les hommes. Sur le plan géographique, la prévalence varie de 14,2 % dans la région de Béni Mellal-Khénifra à 2,4 % dans la région de Dakhla-Oued Ed-Dahab.

Les maladies non héréditaires principales causes

Selon les résultats de l’enquête, les maladies non héréditaires et l’état de santé constituent les principales causes du handicap, représentant plus de 56 % des cas. L’étude, menée entre janvier et mars 2026, a mobilisé 236 enquêteurs répartis en 47 équipes. Le taux de refus des ménages sollicités n’a pas dépassé 2 %, ce qui témoigne, selon les responsables, de la fiabilité des données recueillies.

Abdeljabbar Rachidi a souligné que cette hausse de 1,9 point par rapport à 2014 reflète une amélioration de la capacité statistique à identifier et mesurer le handicap, grâce à une méthodologie élargie et à des outils plus précis permettant de recenser les difficultés fonctionnelles et les situations moins visibles. Il a également salué la contribution du Haut-Commissariat au Plan et des agences des Nations unies, ainsi que de la coopération espagnole, à la réalisation de cette enquête.

Difficultés persistantes d’accès aux soins, à l’éducation et à l’emploi

Les résultats mettent en lumière des défis majeurs en matière de prise en charge et d’inclusion. Seuls 29,7 % des personnes handicapées disposent d’un diagnostic médical, et 65,6 % déclarent que leurs dépenses de médicaments restent à la charge de leurs familles. L’accès à l’éducation et à l’emploi demeure très limité : le taux d’emploi des personnes en situation de handicap n’atteint que 12,7 %, avec un écart considérable entre les hommes (23 %) et les femmes (4 %).

L’enquête révèle également que les personnes concernées expriment une volonté de passer des droits théoriques à leur mise en pratique. La gratuité des soins arrive en tête des revendications, citée par plus de 77 % des personnes interrogées. Viennent ensuite l’octroi de bourses scolaires et la mise à disposition d’accompagnateurs pour faciliter la scolarisation, ainsi que l’application du quota d’emploi prévu par la loi pour favoriser l’insertion professionnelle.

Un référentiel juridique et institutionnel

Le secrétaire d’État a rappelé que cette enquête s’appuie sur plusieurs références fondamentales, notamment les orientations du roi Mohammed VI en faveur de la promotion des droits des personnes en situation de handicap, ainsi que sur l’article 34 de la Constitution marocaine, l’article 31 de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées et la loi-cadre n° 13.97.

Les données collectées serviront de base à l’élaboration de politiques publiques plus ciblées. Les autorités devraient présenter prochainement un plan d’action national visant à répondre aux besoins identifiés, notamment en matière de santé, d’éducation et d’emploi. La mise en œuvre effective des mesures législatives existantes est attendue pour améliorer les conditions de vie des personnes concernées.

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