Fatima Ezzahra El Mansouri fixe ses conditions pour les élections de 2026

Fatima Ezzahra El Mansouri fixe ses conditions pour les élections de 2026

Lors d’une rencontre avec la presse tenue jeudi à Rabat, Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, a précisé les conditions de participation de son parti aux prochaines élections législatives de 2026. Elle a exclu d’emblée toute participation symbolique ou de second rang, indiquant que son mouvement politique ne saurait se contenter d’un rôle d’appoint dans un futur gouvernement.

Des propos sans équivoque sur une éventuelle coalition

Interrogée sur les modalités d’une éventuelle alliance post-électorale, la ministre a déclaré : « Si nous ne dirigeons pas le gouvernement, nous ne serons pas partenaires dans une coalition qui ne nous donnerait qu’un rôle mineur. » Cette position marque une volonté claire de peser dans les négociations à venir, alors que plusieurs formations politiques se positionnent déjà en vue du scrutin.

Fatima Ezzahra El Mansouri, membre du bureau politique du Mouvement populaire (MP), a également insisté sur la nécessité de préparer dès maintenant les échéances électorales. Elle a appelé les structures locales du parti à intensifier leur travail de terrain, notamment dans les zones rurales et périurbaines, afin de renforcer la présence du parti sur l’ensemble du territoire national.

Un contexte politique marqué par les tractations

Ces déclarations interviennent dans un climat politique tendu, à moins de dix-huit mois du scrutin. Plusieurs partis, y compris le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti authenticité et modernité (PAM) et l’Istiqlal, ont déjà entamé des consultations internes pour définir leurs stratégies. Le parti de la Balance, formation dirigée par Mohand Laenser, semble vouloir jouer un rôle de premier plan, fort de son expérience gouvernementale passée.

Les analystes politiques marocains notent que la sortie de la ministre pourrait être interprétée comme une tentative de renforcer la position du MP dans les futures négociations. Toutefois, aucune confirmation officielle n’a été donnée quant à une éventuelle scission ou à une recomposition de l’alliance actuelle dirigée par le RNI.

Des enjeux électoraux majeurs

Les élections de 2026 se dérouleront dans un contexte marqué par des réformes institutionnelles et une attention accrue portée à la gestion des affaires locales. Les partis politiques devront également prendre en compte les attentes citoyennes en matière de services publics, d’emploi et de développement régional. La position de Fatima Ezzahra El Mansouri, qui occupe également un poste clé dans le gouvernement, pourrait influencer les rapports de force au sein de la majorité et de l’opposition.

Dans cette perspective, les prochains mois seront décisifs pour les partis politiques, qui devront affiner leurs programmes et leurs alliances. Le Mouvement populaire, qui a obtenu 42 sièges lors des élections de 2021, espère améliorer ce score en misant sur sa base militante et sur des propositions concrètes en matière d’habitat, d’urbanisme et d’aménagement du territoire.

Une position qui suscite des réactions

Les déclarations de la ministre ont déjà provoqué des réactions au sein de la classe politique. Certains observateurs y voient une stratégie de négociation, tandis que d’autres y décèlent une ligne rouge posée avant d’éventuelles discussions. Le secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme, Nabil Benabdellah, a appelé à des échanges « constructifs » entre les formations politiques, afin d’éviter une crise de confiance avec les électeurs.

Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été émise par le RNI ou le PAM, principaux alliés du MP dans la coalition gouvernementale. Les prochaines semaines devraient permettre de clarifier les positions de chacune des parties, alors que la préparation des listes électorales et la désignation des candidats seront au cœur de l’actualité politique.

La tenue des élections législatives est prévue pour l’automne 2026, selon le calendrier annoncé par le ministère de l’Intérieur. Les partis politiques ont jusqu’au printemps 2026 pour déposer leurs candidatures et présenter leurs programmes. D’ici là, les déclarations de Fatima Ezzahra El Mansouri pourraient bien se multiplier, à mesure que se dessinent les alliances en vue du scrutin.

Commentaires (0)

Laissez votre commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.