Rabat, Maroc. Une étude systématique menée par des chercheurs de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) dresse un état des lieux contrasté des réseaux électriques intelligents au Maroc. Si la production scientifique nationale sur le sujet est dynamique, le passage à une exploitation opérationnelle à grande échelle se fait toujours attendre, selon les conclusions de cette revue publiée récemment.
Les auteurs, rattachés à l’UM6P, ont analysé un large corpus de publications scientifiques et de rapports techniques. Leurs travaux mettent en évidence un paradoxe : le Maroc affiche une avance certaine en matière de recherche et de développement sur les réseaux intelligents, mais cette expertise peinent à se traduire dans les infrastructures électriques réelles du pays.
Les smart grids, ou réseaux électriques intelligents, intègrent les technologies numériques et de communication pour optimiser la production, la distribution et la consommation d’électricité. Ils permettent notamment d’intégrer plus facilement les énergies renouvelables et d’améliorer la fiabilité du réseau. Au Maroc, plusieurs projets pilotes ont été lancés, mais leur généralisation n’est pas encore effective.
L’étude souligne que les efforts de recherche se concentrent principalement sur les aspects techniques tels que la gestion de la demande et l’intégration des énergies solaire et éolienne. En revanche, les aspects réglementaires et économiques liés à la mise en œuvre de ces technologies restent moins explorés, ce qui pourrait freiner leur adoption à grande échelle.
Le rapport met également en avant des disparités régionales : certaines zones urbaines bénéficient de technologies avancées, tandis que les zones rurales demeurent en retard. Ce déséquilibre pourrait compromettre l’objectif national d’électrification universelle et durable.
Les chercheurs recommandent une meilleure articulation entre les projets de recherche, les politiques publiques et les investissements privés. Ils insistent sur la nécessité de développer des modèles économiques viables et de former des ingénieurs et techniciens spécialisés dans ce domaine.
Le ministère de l’Énergie n’a pas encore réagi officiellement à cette publication. Cependant, plusieurs sources proches de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) indiquent que les réflexions se poursuivent pour intégrer les conclusions de telles études dans la feuille de route nationale.
Des échéances sont évoquées à l’horizon 2030, période à laquelle le Maroc ambitionne de porter à 52 % la part des énergies renouvelables dans son mix électrique. Les réseaux intelligents pourraient jouer un rôle clé pour atteindre cet objectif, mais leur déploiement nécessitera des décisions politiques structurantes et des financements conséquents.
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