Le gouvernement marocain a publié au Bulletin officiel un nouveau décret encadrant la procédure de désignation des présidents des universités publiques. Le texte, référencé n° 2.26.327 du 3 août 2026, fixe les conditions de candidature, la composition de la commission chargée d’examiner les dossiers et les étapes menant à la nomination. Ce dispositif s’inscrit dans l’application de la loi n° 59.24 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique.
Une commission plurielle pour l’examen des candidatures
Signé par le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, et contresigné par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, le décret confie l’évaluation des candidatures à une commission nommée par l’autorité gouvernementale compétente. Cette instance a pour mission d’étudier les dossiers, de conduire les auditions des postulants et d’établir un classement sur la base du mérite.
La commission réunit cinq profils distincts : un membre du Conseil des administrateurs de l’université, deux personnalités reconnues pour leurs compétences dans les domaines de la culture ou des sciences (dont au moins un professeur de l’enseignement supérieur en activité ou à la retraite), un professeur de l’enseignement supérieur extérieur à l’université concernée, ainsi qu’une personnalité issue du monde économique et financier. Le texte impose également qu’au moins deux femmes siègent au sein de cette instance.
Procédure et calendrier
La phase de présélection est limitée à sept candidats maximum. Après les auditions, la commission procède immédiatement au classement des candidats puis transmet ses conclusions à l’autorité gouvernementale compétente. Cette dernière dispose d’un délai de vingt jours ouvrables à compter de la clôture du dépôt des candidatures pour soumettre une note au Chef du gouvernement. Cette note ne peut contenir plus de trois noms et doit être accompagnée du rapport de la commission, des dossiers des candidats retenus, de la décision d’ouverture de l’appel à candidatures et du cahier des charges.
Élargissement du vivier de candidats
Le décret élargit les conditions d’éligibilité. Les Marocains résidant au Royaume ou à l’étranger peuvent postuler à la présidence d’une université publique s’ils sont titulaires d’un doctorat ou d’un diplôme équivalent et justifient d’une expérience en gestion, management ou responsabilité. Sont expressément concernés les anciens présidents d’université ayant achevé un premier mandat, les vice-présidents d’université, les directeurs d’établissements d’enseignement supérieur publics et les responsables des administrations centrales occupant au moins le grade de directeur.
Le secteur privé est également inclus : les candidats doivent justifier d’au moins dix années d’expérience dans des fonctions de direction et de gestion. Le dossier de candidature comprend un formulaire unifié, des pièces attestant du respect des conditions et un cahier des charges dont le modèle sera fixé par l’autorité gouvernementale.
Publication et mécanismes de rattrapage
L’ouverture de l’appel à candidatures sera annoncée par une décision publiée sur les sites de la Présidence du gouvernement, du ministère de tutelle et du portail de l’emploi public. Les candidats disposent de quinze jours ouvrables pour retirer puis déposer leur dossier à compter de la publication de l’avis.
En cas d’absence de candidature ou si aucun postulant n’est retenu, un second appel doit être lancé. Si cette nouvelle procédure s’avère également infructueuse, l’autorité gouvernementale peut proposer directement un candidat au Chef du gouvernement, qui le soumet au Conseil de gouvernement pour examen.
Renouvellement automatique possible pour les présidents en exercice
L’une des dispositions notables du décret concerne les présidents d’université en fonction. Le texte permet le renouvellement automatique du mandat d’un président ayant achevé une première mandature, à l’initiative de l’autorité gouvernementale compétente. La proposition est présentée au Chef du gouvernement puis au Conseil de gouvernement, offrant ainsi une possibilité de reconduction sans passer par la procédure ordinaire d’appel à candidatures.
Ce nouveau cadre réglementaire clarifie les règles de gouvernance universitaire et introduit des mécanismes de transparence et de mérite. Il devrait s’appliquer aux prochaines échéances de nomination dans les établissements publics d’enseignement supérieur. L’accent est mis sur la diversité des profils et la présence féminine au sein des instances de sélection, conformément aux orientations de la réforme de l’enseignement supérieur.
Les universités concernées devront se conformer à ces dispositions lors des prochains appels à candidatures. La mise en œuvre pratique du décret sera suivie de près par les acteurs du secteur, notamment en ce qui concerne les délais et la composition des commissions. Les premières nominations intervenant sous ce nouveau cadre pourraient avoir lieu dès la prochaine rentrée universitaire, selon les besoins exprimés par les établissements.
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