A la veille du lancement de la campagne électorale, le secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), Mohamed Nabil Benabdallah, a présenté son projet politique lors d’un débat avec des médias, dont Hespress FR. Accompagné de militants et de membres du bureau politique, il a défendu une alternative au bilan de la majorité sortante, articulée autour de la justice sociale, des services publics, des libertés individuelles et de la relance de l’investissement productif.
Pour M. Benabdallah, qui conduit sa dernière campagne à la tête du parti, les difficultés du Maroc dépassent les seules questions de pouvoir d’achat et de chômage. Il évoque un malaise plus profond, lié à un déficit de confiance des citoyens envers les institutions, des jeunes envers leur avenir, et des investisseurs envers l’économie nationale. « Il faut respecter le Marocain et garantir à tous les Marocains leur dignité et le respect de leur liberté », a-t-il affirmé.
Mesures sociales et soutien au pouvoir d’achat
Le dirigeant du PPS a détaillé un ensemble de mesures destinées à soutenir le pouvoir d’achat des ménages, notamment l’augmentation du salaire minimum, l’indexation des rémunérations sur l’inflation, la revalorisation progressive des pensions de retraite et le relèvement des aides sociales directes. Il a estimé le coût budgétaire de ces propositions à 12,5 milliards de dirhams, les présentant comme « un signal adressé aux classes sociales les plus défavorisées ».
M. Benabdallah a insisté sur la complémentarité de ces mesures, tout en reconnaissant que leur mise en œuvre nécessiterait une gestion rigoureuse des finances publiques.
Investissement et climat de confiance
Le secrétaire général du PPS a également critiqué la prédominance du secteur public dans l’investissement national. « L’investissement national est aujourd’hui quasi exclusivement porté par le secteur public », a-t-il déclaré, appelant à rétablir un climat de confiance pour stimuler l’investissement privé. Selon lui, la confusion entre la sphère politique et les intérêts économiques constitue un frein majeur. « Tant qu’il n’y aura pas une muraille de Chine entre le monde politique et le monde des affaires, les hommes d’affaires n’investiront pas parce qu’ils n’auront pas confiance », a-t-il ajouté.
Le PPS ambitionne ainsi de créer les conditions d’une croissance durable de 5 % et d’une relance de la création d’emplois.
Les Marocains du monde, une priorité stratégique
M. Benabdallah a consacré une part importante de son discours à la situation des Marocains résidant à l’étranger (MRE), qu’il décrit comme une « richesse sous-exploitée ». Il a souligné que de nombreux cadres, médecins et entrepreneurs souhaitent revenir au Maroc mais se heurtent à des obstacles administratifs, fiscaux ou fonciers. Il a notamment évoqué les cas de spoliation immobilière et l’insuffisance de leur représentation politique. « Nous sommes pratiquement le seul pays à ne pas permettre à sa communauté installée à l’étranger d’avoir des circonscriptions dans les pays d’accueil », a-t-il déploré.
Le parti propose des mesures concrètes, dont la lutte contre la spoliation foncière, la simplification des démarches administratives et la création d’un guichet unique pour faciliter les investissements des MRE au Maroc.
Services publics et éducation en question
Le dirigeant du PPS a également abordé la dégradation des services publics, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Il a décrit des établissements de santé dépourvus de médecins ou d’infirmiers, rendant les infrastructures inutiles. « Il y a plein d’hôpitaux, de dispensaires et de centres de santé avec zéro médecin. Avec zéro infirmier », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant le rôle complémentaire du secteur privé.
Concernant l’école publique, M. Benabdallah a lié sa dégradation à la perte d’attractivité du métier d’enseignant, appelant à une refonte profonde du système éducatif pour garantir l’égalité des chances.
Le PPS devrait prochainement officialiser son programme de campagne et organiser des meetings dans différentes régions du Royaume, en mettant l’accent sur ces thématiques. Les électeurs attendent désormais les débats contradictoires entre les formations politiques pour comparer les propositions.
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