Santé: le Maroc et l’UE tirent le bilan du PASS III et tracent les perspectives d’une coopération renforcée

Santé: le Maroc et l’UE tirent le bilan du PASS III et tracent les perspectives d’une coopération renforcée

Rabat a abrité, mercredi 9 septembre, la cérémonie de clôture du Programme d’appui au secteur de la santé (PASS III), marquant la fin d’un cycle de coopération de six ans entre le Maroc et l’Union européenne. Cette rencontre a également servi de cadre aux deux partenaires pour définir les axes d’un partenariat renouvelé, axé sur la souveraineté sanitaire, la transformation numérique et le développement des ressources humaines.

Un bilan jugé positif après six années de mise en œuvre

Signé en 2020, le PASS III a accompagné le Royaume dans plusieurs chantiers structurants, notamment le renforcement des capacités de veille et de réponse aux crises sanitaires, l’amélioration de la gouvernance du système de santé, le développement des soins de santé primaires, ainsi que les démarches d’accréditation hospitalière. Le programme a également contribué à préparer la nouvelle gouvernance territoriale du secteur.

Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, a salué un programme qui a accompagné le Maroc dans le renforcement de ses capacités de veille, de préparation et de réponse aux crises sanitaires. Il a également souligné la contribution du programme à la modernisation de l’offre de soins et à la préparation des réformes en cours. M. Tehraoui a rappelé le soutien de l’Union européenne à la reconstruction et à la mise à niveau des établissements de santé touchés par le séisme d’Al Haouz, qualifiant ces réalisations d’acquis importants pour le système sanitaire national.

Une coopération fondée sur des réformes structurelles

L’ambassadeur de l’Union européenne au Maroc, Dimiter Tzantchev, a indiqué que le PASS III illustre la profondeur d’une relation dépassant le cadre de l’assistance technique ou financière. « Ce programme n’est pas seulement un appui technique ou financier. Il est l’illustration d’une ambition partagée : accompagner les réformes du système de santé marocain dans une approche structurante, durable et centrée sur les besoins de la population », a-t-il déclaré.

Selon le diplomate européen, les résultats du programme se mesurent à travers les outils de pilotage développés et le renforcement des capacités institutionnelles et techniques des acteurs du secteur. Il a mis en avant les actions de formation, les dispositifs d’accréditation hospitalière, les mécanismes de suivi, ainsi que les expérimentations territoriales destinées à préparer les évolutions futures. Dimiter Tzantchev a insisté sur le fait que « la transformation d’un système de santé ne repose pas uniquement sur des investissements matériels », mais aussi sur des réformes de gouvernance, des outils fiables, des compétences renforcées, des mécanismes de coordination efficaces et une vision à long terme.

La santé comme pilier stratégique du partenariat euro-méditerranéen

Au-delà du bilan, les deux parties ont mis l’accent sur les perspectives d’avenir. Pour l’ambassadeur européen, la santé est devenue un enjeu stratégique dans un contexte marqué par les transitions sanitaires, démographiques, numériques et climatiques. « Investir dans la santé, c’est investir dans la dignité humaine, dans la cohésion sociale, dans la réduction des inégalités et dans la stabilité de nos sociétés », a-t-il affirmé. Cette vision s’inscrit dans le cadre du nouveau Pacte pour la Méditerranée, qui place les citoyens au cœur de la coopération entre les deux rives.

Le ministre de la Santé a estimé que la clôture du PASS III doit être considérée comme le début d’une nouvelle étape de la coopération avec l’Union européenne, alors que le Maroc poursuit la mise en œuvre de la réforme de son système de santé et du chantier de généralisation de la protection sociale. « Notre ambition est claire : construire un système plus équitable, plus performant et plus résilient », a-t-il déclaré, jugeant que cette transformation exige des investissements conséquents et des partenariats durables.

Numérisation, souveraineté sanitaire et ressources humaines au centre des priorités

Les interventions ont convergé autour de plusieurs axes structurants pour la coopération future. La transformation numérique figure parmi les priorités identifiées. Amine Tehraoui a souligné l’importance de la gouvernance et de la valorisation des données de santé, devenues des enjeux majeurs de performance, de qualité et de souveraineté. L’Union européenne partage cette orientation, voyant dans les systèmes d’information interopérables, la télémédecine et l’intelligence artificielle des leviers pour améliorer les soins et réduire les inégalités territoriales.

La souveraineté pharmaceutique et vaccinale constitue un autre chantier commun. Le ministre a rappelé que le Maroc dispose désormais d’une base industrielle solide et entend renforcer les partenariats favorisant l’innovation, la production locale et l’accès équitable aux produits de santé. L’Union européenne s’est dite prête à accompagner le Royaume dans cette voie, tout en soutenant le développement des ressources humaines, un axe jugé indispensable pour la réussite des réformes en cours.

Les prochaines étapes de cette coopération devraient se concrétiser dans le cadre de nouveaux programmes d’appui, alignés sur la feuille de route du gouvernement marocain en matière de santé et de protection sociale. Les discussions techniques entre les deux parties se poursuivent pour définir les modalités opérationnelles de ce partenariat élargi.

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