Le Parti Authenticité et Modernité (PAM) a organisé, mercredi à Marrakech, un rassemblement ayant réuni plusieurs milliers de militants et de sympathisants, quelques jours avant l’ouverture officielle de la campagne électorale. Cette rencontre, qui s’est tenue dans une salle acquise à sa cause, avait pour objectif d’afficher l’unité du parti et de présenter les grandes lignes de son discours politique pour les prochaines échéances.
La réunion a été marquée par les interventions de Fatima-Zahra El Mansouri, coordinatrice de la direction collégiale du parti, de Mohamed Mehdi Bensaïd, membre de cette même direction, et de Fouzi Lekjaa, récemment engagé dans les rangs du PAM. Elle a rassemblé environ 4 000 personnes selon les organisateurs.
Un bilan gouvernemental défendu
Prenant la parole en premier, Fatima-Zahra El Mansouri a cherché à inscrire le parti dans la durée, en rappelant les dix-huit années écoulées depuis sa création. Face aux critiques visant certaines formations accusées de ne se mobiliser qu’à l’approche des élections, la maire de Marrakech a mis en avant la continuité de l’engagement militant du PAM.
« Le Parti Authenticité et Modernité ne cherche pas à se positionner pour obtenir des postes. Nous portons un projet global pour le Maroc », a-t-elle affirmé, présentant la longévité du parti comme la preuve de sa solidité organisationnelle et de son ancrage politique.
Revenant sur les origines du PAM, nées dans le contexte de la forte abstention enregistrée lors des élections législatives de 2007, elle a souligné que la mobilisation de la jeunesse demeurait au cœur de l’ambition politique du parti. Selon elle, le renforcement de la démocratie passe par une participation accrue des jeunes aux institutions et au débat public.
La responsable politique a également consacré une large partie de son intervention à défendre l’action des ministres du PAM au sein du gouvernement. Elle a décrit leur bilan comme « honorable » et exempt de toute situation de conflit d’intérêts, mettant en avant plusieurs réformes et programmes sociaux portés par les responsables du parti.
Elle a notamment cité le Pass Jeunes, l’aide directe au logement ou encore certaines réformes judiciaires conduites par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi. « Notre objectif n’est pas de briser l’avenir d’un jeune qui a commis une erreur, mais de lui offrir une seconde chance », a-t-elle expliqué en évoquant les dispositions relatives aux peines alternatives.
Fatima-Zahra El Mansouri s’est aussi arrêtée sur l’arrivée au sein du parti de nouvelles personnalités, parmi lesquelles Fouzi Lekjaa. Face aux critiques suscitées par ce ralliement, elle a pris sa défense en estimant que les réformes budgétaires et fiscales conduites ces dernières années avaient permis de dégager les ressources nécessaires au financement de plusieurs politiques sociales.
Surtout, la dirigeante du PAM a tenu à réaffirmer la loyauté de sa formation à l’égard de la majorité gouvernementale. « Nous n’avons pas changé de cap. Nous avons un projet, une vision et nous sommes prêts à les défendre sans concession pour des intérêts électoraux étroits », a-t-elle lancé devant les militants présents à Marrakech.
Une reconnaissance des insuffisances
Quelques minutes plus tard, Mohamed Mehdi Bensaïd a adopté un ton plus offensif. Tout en revendiquant les réalisations du parti au sein de l’exécutif, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication a reconnu les limites de l’action gouvernementale, rompant avec un discours exclusivement autocongratulatoire.
« Nous avons réussi dans certains secteurs et échoué dans d’autres. Nous le reconnaissons et nous refusons de dire que tout va bien », a-t-il déclaré, suscitant les applaudissements de l’assistance.
Cette reconnaissance des insuffisances a servi de point d’appui à une critique implicite du fonctionnement de la majorité. Le responsable du PAM a révélé que plusieurs propositions destinées à atténuer les effets de la hausse des prix avaient été défendues par son parti sans obtenir l’adhésion de ses partenaires.
« Nous n’avons jamais caché aux Marocains que la vie est devenue plus chère. Nous l’avons dit dans notre programme et nous avions déjà proposé, au sein de la majorité, des mesures pour alléger cette pression sur les ménages », a-t-il affirmé. Avant d’ajouter : « Ce que nous proposons aujourd’hui, nous l’avions présenté hier à la majorité, mais nous n’avons pas été soutenus ».
À travers cette prise de position, le PAM tente de se distinguer à l’intérieur même de la coalition gouvernementale en se présentant comme une force attentive aux préoccupations sociales, notamment celles liées au pouvoir d’achat.
Mohamed Mehdi Bensaïd a également placé la jeunesse au centre du projet électoral de son parti. Selon lui, les attentes des jeunes Marocains sont claires et ne relèvent pas de la recherche de privilèges. « Les jeunes ne demandent pas des avantages particuliers. Ils veulent une formation de qualité, un emploi digne, l’égalité de traitement et la justice territoriale », a-t-il soutenu.
Perspectives électorales
Ce rassemblement intervient à quelques jours du coup d’envoi officiel de la campagne électorale. Le PAM entend ainsi consolider son positionnement au sein de la majorité tout en marquant sa différence sur les questions sociales et économiques.
Les prochaines semaines permettront de mesurer la portée de ce discours auprès de l’électorat, notamment chez les jeunes et les classes moyennes, tandis que les partenaires de la coalition gouvernementale devraient également préciser leurs propres priorités de campagne.
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