La campagne électorale officielle pour les élections législatives marocaines s’est ouverte jeudi, et dès les premières heures, les réseaux sociaux se sont imposés comme le principal terrain d’affrontement entre partis et candidats, avant même que les activités de terrain ne prennent leur rythme habituel.
Selon les constatations de Hespress FR, les publications numériques se sont multipliées dès minuit, heure d’ouverture officielle de la campagne, tandis que la présence sur le terrain restait encore discrète dans les premières heures de la journée.
Une mobilisation numérique immédiate
Les candidats et leurs soutiens ont commencé à diffuser les listes électorales sur les différentes plateformes sociales dès l’ouverture de la campagne. Les visuels publiés présentent les noms des têtes de liste et des autres membres, leurs qualités, ainsi que le symbole du parti autour duquel les électeurs sont appelés à se mobiliser.
À ces publications se sont ajoutées des vidéos dans lesquelles plusieurs têtes de liste s’adressent directement aux électeurs. Les candidats y appellent à soutenir leurs candidatures et à voter pour leurs formations lors du scrutin.
Un cadre juridique précis
Cette mobilisation numérique intervient dans un cadre juridique défini par la loi organique n° 53.25, modifiant et complétant la loi organique n° 27.11 relative à la Chambre des représentants. Ce texte fixe la durée de la campagne électorale, qui commence à la première heure du treizième jour précédant le scrutin et s’achève à minuit le jour qui le précède.
Les premières heures de cette campagne ont ainsi été largement occupées par des contenus numériques : photographies des candidats, slogans électoraux, présentation des listes et informations sur leurs membres. Une manière, pour les partis et leurs candidats, de chercher à entrer immédiatement en contact avec les électeurs.
Un contraste avec le terrain
Le dispositif ne s’est pas limité à l’affichage des candidatures. Des vidéos et des messages directement adressés aux électeurs ont également été diffusés, accompagnés d’appels à la participation au scrutin et au vote en faveur des différentes formations politiques.
Cette activité en ligne contraste avec une campagne de terrain encore peu visible dans les premières heures de la journée. Les rassemblements, rencontres directes et opérations de proximité dans les quartiers, les marchés ou les espaces publics n’affichent pas encore l’intensité traditionnellement associée aux campagnes électorales.
Rapidité et portée des plateformes sociales
Le choix du numérique répond aussi à une logique de rapidité et de portée. Les plateformes sociales permettent aux candidats de diffuser instantanément les informations relatives à leurs listes et de toucher un nombre important d’électeurs, sans dépendre du calendrier des réunions publiques ou des autres activités de terrain. Elles offrent également la possibilité de faire circuler à plusieurs reprises les mêmes contenus.
Les pages officielles des partis, les comptes personnels des candidats et ceux de leurs soutiens peuvent ainsi contribuer à élargir la diffusion des messages de campagne sur les différentes plateformes sociales.
Un indicateur encore limité
Cette première séquence ne permet toutefois pas encore de mesurer la réalité de l’implantation des partis et des candidats. La campagne de terrain reste un indicateur essentiel de leur présence effective.
Les prochains jours devraient permettre d’observer la nature des activités organisées par les listes en compétition, mais aussi l’ampleur des rassemblements et des rencontres destinées à convaincre les électeurs. Les partis et les listes candidates devraient progressivement renforcer leur présence sur le terrain, tout en maintenant leur activité numérique.
À mesure que le scrutin approchera, la compétition entre les candidats devrait gagner en intensité et multiplier les formes de mobilisation. Le démarrage de cette campagne illustre en tout cas une évolution désormais visible du paysage électoral : les réseaux sociaux occupent une place croissante dans la communication politique. Pour les partis comme pour les candidats, les plateformes numériques sont devenues des outils essentiels pour faire connaître les candidatures et tenter d’établir un contact direct avec les électeurs.
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