Le chef de cabinet de la délégation gouvernementale espagnole à Sebta occupée, Gonzalo Sanz, a présenté sa démission ce jeudi 10 septembre, à la suite de révélations concernant l’entrée massive de migrants les 30 et 31 juillet derniers. Cette démission intervient dans un contexte de vives tensions politiques et de versions contradictoires entre les autorités espagnoles sur la gestion de cette crise migratoire.
Les circonstances de la démission
Selon les informations publiées par l’agence Europa Press, Gonzalo Sanz a justifié sa démission par des raisons « personnelles et familiales ». Il a toutefois également évoqué l’existence d’une « incompatibilité manifeste » entre son affirmation selon laquelle les informations transmises par les services de renseignement dans un message écrit le 29 juillet étaient bien parvenues au délégué du gouvernement, et les déclarations de ce dernier, qui affirme ne pas avoir reçu ces informations.
Dans une lettre de démission envoyée par courriel au Secrétariat général de la délégation gouvernementale, Gonzalo Sanz a confirmé avoir « personnellement » transmis à Miguel Ángel Pérez Triano, délégué du gouvernement à Sebta, les messages WhatsApp en question.
Ces révélations font suite à la publication de documents déclassifiés du Centre national de renseignement (CNI) espagnol relatifs aux événements du 30 juillet. Sanz s’était retrouvé au centre de la polémique en raison des communications qu’il avait eues avec le CNI le 29 juillet, un jour avant l’entrée massive dans la ville autonome.
Des versions contradictoires
Le délégué du gouvernement à Sebta, Miguel Ángel Pérez Triano, a déclaré pour sa part qu’« il ne s’agissait que d’un échange d’informations ». Il a affirmé qu’il n’était au courant ni des messages ni de l’appel téléphonique entre son chef de cabinet et le CNI, tout en excluant sa propre démission.
Selon le contenu des documents publiés, le message en question faisait état d’appels lancés sur les réseaux sociaux en faveur d’une entrée dans la ville par la clôture frontalière et par la mer. Il signalait l’existence de deux groupes sur les réseaux sociaux, comptant au total environ 180 000 abonnés.
De son côté, la délégation gouvernementale à Sebta a confirmé que c’est Miguel Ángel Pérez Triano qui aurait demandé la démission de son chef de cabinet. Elle maintient toutefois que le chef de l’institution n’était au courant de rien concernant les conversations avec le CNI.
Dans un communiqué publié ce vendredi après la confirmation de la démission de Sanz, l’institution a fait référence aux déclarations de Triano lors de la conférence de presse du 9 septembre. Elle a insisté sur le fait que le délégué n’avait aucune connaissance, avant le 30 juillet, du contenu du message WhatsApp échangé entre Sanz et un membre du CNI, ni de l’appel téléphonique que les deux ont eu.
Le contenu des documents déclassifiés
La publication de ces documents fait suite à une décision prise par le Conseil des ministres espagnol le 8 septembre, visant à déclassifier les informations produites par le Centre national du renseignement et le Centre de renseignement des forces armées concernant les entrées massives de migrants à Sebta les 30 et 31 juillet.
Il s’agit de 40 rapports de communication et de comptes rendus, issus de la Police nationale espagnole, de la Garde civile, du Centre national du renseignement et du Centre de renseignement des forces armées, couvrant la période allant du 1er au 31 juillet.
Les documents indiquent également la date et l’heure d’envoi, l’organisme émetteur, le canal de transmission ainsi que les institutions destinataires, afin de reconstituer la chronologie des informations disponibles avant et pendant la crise.
Le CNI n’avait pas estimé le nombre de personnes susceptibles de se mobiliser pour la migration irrégulière, ni évalué si elle aurait lieu, se limitant à décrire la taille des groupes repérés sur les réseaux sociaux, selon le communiqué de la délégation gouvernementale.
Réactions et suites attendues
Cette démission constitue la première depuis le début de la controverse liée à la publication des documents déclassifiés du CNI. Elle intervient dans un climat de forte tension entre les différentes institutions espagnoles concernant la gestion de la crise migratoire à Sebta.
Les prochains jours devraient être marqués par la poursuite des investigations parlementaires et administratives sur les responsabilités de chacun dans la gestion des événements des 30 et 31 juillet. La publication intégrale des documents déclassifiés pourrait également apporter de nouveaux éléments sur la chronologie des alertes transmises par les services de renseignement avant l’entrée massive de migrants.
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