Le gazole franchit la barre des 6 dollars le gallon aux États-Unis, un record historique

Le gazole franchit la barre des 6 dollars le gallon aux États-Unis, un record historique

Le prix moyen du gazole aux États-Unis a dépassé pour la première fois le seuil de 6 dollars le gallon (3,78 litres) vendredi, atteignant 6,06 dollars, selon les données publiées par l’Association automobile américaine (AAA). Cette hausse record intervient dans un contexte de tensions géopolitiques accrues au Moyen-Orient, de progression des cours du pétrole brut et d’attaques visant des raffineries russes.

Le gazole constitue un pilier essentiel de l’activité économique mondiale. Il alimente les camions, les trains, les navires et les équipements lourds qui assurent le fonctionnement des chaînes d’approvisionnement, ainsi que le secteur agricole. La flambée de ce carburant pèse donc directement sur les coûts de transport et de production.

Une pression inflationniste sur l’ensemble de l’économie

Cette envolée des prix survient alors que les contrats à terme sur le pétrole brut ont de nouveau franchi la barre des 100 dollars le baril, dans un contexte de durcissement du conflit entre les États-Unis et l’Iran. Jeudi, le Brent a clôturé à 107,63 dollars le baril et le West Texas Intermediate à 102,48 dollars le baril, leurs plus hauts niveaux depuis la mi-mai. Le brut demeure le principal déterminant des prix des carburants à la pompe.

Patrick De Haan, analyste chez GasBuddy, a souligné sur le réseau social X que « chaque camion, chaque livraison, chaque colis, chaque course alimentaire vient de coûter plus cher ». Il a ajouté que « des prix record du gazole auront un impact sur chaque cargaison, chaque expédition, chaque livraison que les Américains reçoivent, et sont susceptibles de relancer l’inflation tout au long de la chaîne d’approvisionnement ».

Selon le suivi des prix, le gazole moyen aux États-Unis a augmenté d’environ 2,30 dollars par rapport à l’année précédente. Cette hausse menace d’accélérer l’inflation à l’approche des élections de mi-mandat de novembre, alors que les républicains peinent à convaincre les électeurs que les politiques de l’administration Trump améliorent leur pouvoir d’achat.

Des stocks sous leur moyenne quinquennale

Un sondage Reuters/Ipsos réalisé le mois dernier indiquait que les démocrates disposaient d’un avantage de huit points sur les républicains concernant la meilleure approche du coût de la vie. Le président Donald Trump a reconnu mercredi qu’un répit face à l’envolée des prix du pétrole pourrait ne pas intervenir avant après l’élection.

Les stocks de gazole se situent actuellement 13 % en dessous de leur moyenne sur cinq ans, à 106,3 millions de barils, selon l’Energy Information Administration (EIA). Ces stocks ont toutefois augmenté la semaine dernière, les raffineurs faisant tourner leurs installations à plein régime grâce à des marges de raffinage élevées.

Alex Hodes, analyste énergie chez StoneX, a déclaré que « la situation du gazole continue de devenir plus haussière de jour en jour. Les exportations russes de gazole, ou leur absence, restent le facteur le plus important du marché ». Il a ajouté que « la récente escalade des Houthis en Arabie saoudite pourrait affecter les exportations de gazole depuis le port de Yanbu, sur la mer Rouge, qui représente environ 400 500 kb/j de gazole ».

Perspectives et incertitudes

Les analystes s’attendent à ce que la volatilité des prix du gazole persiste tant que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les perturbations des exportations russes ne se stabiliseront pas. Les prochaines données hebdomadaires de l’EIA sur les stocks et la production des raffineries seront suivies de près par les opérateurs de marché.

À l’approche du scrutin de novembre, l’évolution des prix des carburants restera un indicateur économique et politique majeur aux États-Unis, avec des répercussions potentielles sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et les coûts de transport internationaux.

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