Fitch Solutions a révisé à la hausse sa prévision de déficit du compte courant du Maroc pour 2026. L’agence de notation table désormais sur un déficit qui passerait de 2,4% du PIB, soit environ 4,5 milliards de dollars, à un niveau plus élevé.
Une révision à la hausse des prévisions
Cette révision intervient dans un contexte où les comptes extérieurs du Royaume demeurent sous pression. Le déficit courant, qui mesure les échanges de biens, de services et les transferts avec l’étranger, représente un indicateur clé de la santé économique externe du pays.
Selon les données de Fitch Solutions, le creusement attendu du déficit en 2026 s’explique par plusieurs facteurs structurels et conjoncturels.
Les causes du creusement attendu
Parmi les principaux facteurs figurent la hausse des importations d’énergie et de biens d’équipement, dans un contexte de mise en œuvre de grands projets d’infrastructure. La facture énergétique du Maroc, dépendant largement des importations de combustibles fossiles, reste un poste majeur de vulnérabilité.
Les importations de biens d’équipement, liées aux préparatifs de la Coupe du monde 2030 et aux investissements dans les énergies renouvelables, devraient également contribuer à alourdir le solde commercial.
Par ailleurs, la croissance des exportations marocaines, notamment dans les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique, pourrait ne pas compenser intégralement la progression des importations.
Des équilibres extérieurs sous surveillance
Le Maroc bénéficie toutefois de transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger et de recettes touristiques record, qui atténuent partiellement le déficit commercial. Ces flux constituent des sources de devises essentielles pour l’économie nationale.
Les réserves de change du pays, qui ont atteint des niveaux confortables ces dernières années, offrent une marge de manœuvre pour absorber ce creusement du déficit courant sans tension majeure sur la balance des paiements.
Fitch Solutions souligne néanmoins que l’évolution des cours des matières premières et la conjoncture économique européenne, principal partenaire commercial du Maroc, demeurent des variables déterminantes pour l’évolution des comptes extérieurs.
Perspectives et prochaines étapes
Les autorités marocaines devraient poursuivre leurs efforts de diversification des exportations et de développement des secteurs à forte valeur ajoutée. La stratégie nationale visant à réduire la dépendance énergétique, notamment par le développement des énergies renouvelables, pourrait progressivement améliorer la structure des échanges extérieurs.
Les prochaines publications de Fitch Solutions et des institutions internationales, telles que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, permettront d’affiner ces prévisions et d’évaluer l’impact des politiques économiques en cours sur l’équilibre des comptes extérieurs du Royaume.
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