Le Maroc, qui vise une part de 52 % de capacité électrique installée d’origine renouvelable à l’horizon 2030, reste confronté à des défis structurels dans sa transition climatique, selon plusieurs observateurs du secteur énergétique. Ces faiblesses concernent notamment le stockage d’énergie, la modernisation du réseau électrique et la dépendance persistante aux combustibles fossiles pour la production de pointe.
Des avancées notables mais des limites structurelles
Le royaume a lancé plusieurs projets solaires et éoliens de grande envergure, dont la centrale solaire Noor Ouarzazate et le parc éolien de Tarfaya. Ces installations ont permis d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix électrique national. Toutefois, leur intermittence pose un problème de stabilité pour le réseau.
Le stockage de l’électricité produite reste limité. Les batteries de grande capacité et les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) sont encore insuffisantes pour garantir une alimentation continue. Cette contrainte oblige le Maroc à maintenir des centrales thermiques pour répondre à la demande en période de pointe.
Un cadre institutionnel en cours de consolidation
La loi 82-21 sur l’autoproduction électrique a été adoptée pour faciliter l’installation de capacités renouvelables décentralisées. Cependant, sa mise en œuvre reste progressive. Les procédures administratives pour obtenir les autorisations nécessaires demeurent complexes pour les entreprises et les particuliers.
Le Fonds de développement de l’énergie solaire et le Fonds d’énergie éolienne ont été créés pour soutenir financièrement les projets. Leur efficacité dépendra de la capacité à mobiliser des ressources additionnelles et à simplifier les mécanismes d’accès.
La question du financement et de la formation
Les investissements nécessaires pour atteindre l’objectif de 52 % sont estimés à plusieurs milliards de dollars. Une partie de ces fonds doit provenir de partenariats internationaux et de prêts concessionnels. La disponibilité de ces financements reste incertaine en raison de la conjoncture économique mondiale.
La formation de techniciens spécialisés dans les métiers des énergies renouvelables constitue un autre enjeu. Le Maroc dispose d’instituts de formation, mais le nombre de diplômés pourrait ne pas suffire à couvrir les besoins croissants du secteur.
Des implications pour la politique énergétique
Les faiblesses identifiées n’empêchent pas le Maroc de progresser. Elles soulignent la nécessité d’une approche intégrée incluant le stockage, la gestion de la demande et la interconnexion avec les réseaux voisins. Le projet d’interconnexion électrique avec l’Europe pourrait offrir des débouchés à l’exportation, mais il dépendra de la stabilité réglementaire et de la capacité technique à maintenir la fréquence et la tension.
Les autorités marocaines prévoient de publier prochainement une mise à jour de la stratégie énergétique nationale. Celle-ci devrait préciser les modalités de financement des projets de stockage et les objectifs intermédiaires pour 2025 et 2028. Un dialogue avec les opérateurs privés est en cours pour ajuster les incitations fiscales et les tarifs de rachat.
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