Le conflit qui se poursuit dans l’ouest du Yémen a contraint plus de 145 000 personnes à quitter leur foyer depuis le mois de juin, selon les chiffres publiés lundi par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). L’agence onusienne recense 145 308 déplacés, représentant 24 218 ménages, dans huit gouvernorats du pays au 28 septembre.
Ce bilan marque une augmentation de 15 870 personnes par rapport au 21 septembre, soit une hausse de plus de 12 % en une seule semaine. Les combats, qui se sont intensifiés sur la côte ouest depuis juin, demeurent la principale cause de ces mouvements de population.
Taëz au cœur de la crise humanitaire
Le gouvernorat de Taëz concentre à lui seul plus de la moitié des déplacés du pays, avec 81 444 personnes recensées, soit près de 8 000 de plus qu’une semaine auparavant. Lahj arrive en deuxième position avec 34 860 déplacés, devant Aden qui en accueille 12 456. Les gouvernorats d’Al-Hodeïda, d’Abyan, de l’Hadramaout, de Marib et d’Al-Mahrah comptabilisent respectivement 8 244, 5 568, 1 974, 750 et 12 déplacés.
En dehors de Taëz, la progression la plus forte a été enregistrée à Aden, où le nombre de déplacés a augmenté de près de 40 % en une semaine, avec 3 510 personnes supplémentaires. Le seul district d’Al-Burayqah accueille désormais près de 6 500 déplacés.
Une pression croissante sur les zones urbaines
Les familles se dirigent de plus en plus vers les zones urbaines, ce qui accentue la pression sur des logements, des services et des moyens de subsistance déjà fortement sollicités. Plus à l’est, les déplacements ont presque doublé dans l’Hadramaout et augmenté des deux tiers à Abyan sur la même période.
Abdusattor Esoev, chef de mission de l’OIM au Yémen, a déclaré que chaque semaine, des milliers de personnes supplémentaires abandonnent tout ce qu’elles possèdent. Il a souligné que derrière ces chiffres se trouvent des parents tentant de mettre leurs enfants à l’abri, des personnes âgées dans l’incapacité de parcourir de longues distances et des familles déjà très démunies.
Les équipes de l’OIM travaillent avec les autorités locales et les partenaires humanitaires pour fournir aux nouvelles familles déplacées des abris d’urgence, des articles ménagers essentiels, une aide en espèces, de l’eau potable et des services d’assainissement ainsi que des services de protection.
Un dispositif de suivi quotidien
Le dispositif de suivi des déplacements de l’OIM surveille quotidiennement les mouvements de population afin d’aider les partenaires à orienter l’aide vers les zones où les besoins sont les plus importants. L’organisation appelle à protéger les civils et les travailleurs humanitaires et à garantir un accès sûr et sans entrave afin que l’aide puisse parvenir aux familles déplacées et aux communautés qui les accueillent.
M. Esoev a indiqué que les communautés de Taëz, Lahj et Aden ont ouvert leurs portes aux personnes fuyant les combats, mais que la bonne volonté ne peut à elle seule couvrir les besoins. Il a précisé que les familles ont un besoin urgent d’abris, de nourriture et de protection, tandis que les villes qui les accueillent nécessitent une aide pour faire face à cet afflux.
Le responsable de l’OIM a ajouté que les besoins augmentent plus rapidement que les ressources disponibles et qu’un soutien supplémentaire est nécessaire dès maintenant pour suivre le rythme.
Perspectives incertaines
Alors que la situation demeure volatile, de nouveaux déplacements pourraient survenir dans les prochains jours. L’OIM indique qu’elle continuera de suivre les mouvements de population et de publier des données vérifiées au fur et à mesure de l’évolution de la situation.
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