Le Maroc plaide pour une intégration africaine accélérée, selon Chakib Benmoussa

Le Maroc plaide pour une intégration africaine accélérée, selon Chakib Benmoussa

Le ministre marocain de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Chakib Benmoussa, a déclaré que l’Afrique ne pourra réaliser sa transformation qu’en accélérant son intégration et en renforçant ses capacités endogènes de financement, d’investissement et de production. Cette position a été exprimée lors d’une intervention officielle consacrée aux enjeux du développement du continent.

Selon M. Benmoussa, le potentiel africain demeure insuffisamment exploité en raison de la fragmentation des marchés et de la dépendance aux financements extérieurs. Il a souligné que l’intégration régionale constitue la condition indispensable pour convertir ce potentiel en développement économique et social durable.

Renforcer les capacités endogènes

Le ministre a insisté sur la nécessité pour les pays africains de développer leurs propres mécanismes de financement et d’investissement. Il a expliqué que la mobilisation des ressources intérieures permettrait de réduire la vulnérabilité aux chocs externes et de soutenir des projets structurants adaptés aux réalités locales.

Il a également évoqué la faiblesse des capacités de production sur le continent, appelant à une industrialisation plus poussée et à une meilleure valorisation des matières premières sur place. Cette approche, a-t-il précisé, créerait des emplois et renforcerait la résilience des économies africaines.

Une vision alignée sur les priorités marocaines

La position exprimée par Chakib Benmoussa s’inscrit dans la continuité de la politique africaine du Maroc, qui met l’accent sur la coopération Sud Sud et le développement partagé. Le Royaume a multiplié ces dernières années les initiatives économiques et sociales en direction du continent, notamment dans les domaines de la formation, de l’agriculture et des énergies renouvelables.

Pour le ministre, l’intégration africaine ne se limite pas aux échanges commerciaux. Elle implique aussi une convergence des politiques publiques, une harmonisation des normes et une mutualisation des infrastructures. Il a cité à cet égard les projets de connexion ferroviaire, énergétique et numérique comme leviers essentiels.

Des défis structurels persistants

Le continent africain reste confronté à plusieurs obstacles à son intégration, notamment la faiblesse des infrastructures transfrontalières, les barrières tarifaires et non tarifaires, ainsi que l’instabilité politique dans certaines régions. Ces facteurs limitent la circulation des biens, des services et des personnes.

M. Benmoussa a reconnu que les progrès sont inégaux selon les sous régions. Il a toutefois estimé que la Zone de libre échange continentale africaine constitue une opportunité historique pour accélérer la transformation structurelle du continent.

Il a appelé les gouvernements africains à faire preuve de volonté politique et à mettre en œuvre les réformes nécessaires pour concrétiser les engagements pris au niveau continental.

Prochaines étapes attendues

Les déclarations du ministre interviennent alors que plusieurs chantiers d’intégration sont en cours au niveau de l’Union africaine. Des discussions techniques doivent se poursuivre dans les prochains mois pour opérationnaliser les mécanismes de financement communs et lever les obstacles à la libre circulation.

Le Maroc devrait continuer à plaider pour une approche pragmatique et inclusive, en mettant en avant ses propres expériences en matière de coopération sectorielle. Les résultats concrets de ces efforts dépendront de la capacité des États africains à traduire les engagements en actions mesurables.

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