France : le ministre de l’Intérieur rejette les accusations de répression contre la jeunesse

France : le ministre de l’Intérieur rejette les accusations de répression contre la jeunesse

Le ministre de l’Intérieur français, Laurent Nuñez, a rejeté dimanche les accusations de recours disproportionné à la force contre les jeunes manifestants, affirmant que les forces de l’ordre « ne répriment pas la jeunesse » mais « protègent » les élèves et étudiants souhaitant « porter pacifiquement leurs revendications ». Ces déclarations interviennent alors que les critiques se multiplient en France concernant les méthodes policières employées lors des récentes manifestations lycéennes.

Position officielle du ministère de l’Intérieur

Dans un message publié sur son compte X, Laurent Nuñez a souligné que policiers et gendarmes « interviennent avec fermeté et sans délai pour faire cesser les dégradations, violences, exactions commises par les fauteurs de troubles ». Il a précisé que ces interventions se font « avec proportionnalité sous le contrôle de leur hiérarchie et le cas échéant de la Justice ».

Le ministre a répondu directement au Syndicat de la magistrature (SM), qui avait appelé à cesser « de réprimer la jeunesse pour la faire taire ». Laurent Nuñez a déploré des « accusations graves et sans fondement d’interventions soi-disant brutales et disproportionnées qui seraient dirigées de surcroît contre les jeunes racisés issus des quartiers populaires ». Il a également regretté une « communication accusatoire totalement déconnectée du monde réel » de la part du syndicat.

Appel au discernement et données sur les interpellations

Dans un télégramme diffusé mercredi sur X, le ministre de l’Intérieur avait appelé les forces de l’ordre au « discernement », avec « un usage de la force strictement proportionné ». Il avait rappelé qu’une « grande majorité des personnes interpellées sont des mineurs ».

Depuis lundi, les autorités françaises ont dénombré plus de 5 000 interpellations, dont environ 85 % de mineurs, en marge du mouvement de blocage lycéen. Pour la seule journée de vendredi, marquée par des tensions avec les forces de l’ordre, plus de 1 700 interpellations ont eu lieu lors de cette mobilisation.

Les manifestants réclament davantage de moyens, plus d’enseignants et dénoncent l’interdiction des téléphones portables dans les établissements. Selon les chiffres de jeudi soir cités par le ministre Edouard Geffray sur France 2, au moins 170 jeunes ont été blessés et 65 membres du personnel ont subi des blessures depuis le début du mouvement.

Vidéos et témoignages d’interventions controversées

Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, notamment de médias français, montrent des interventions très musclées des forces de l’ordre face à des mineurs, ayant provoqué la colère et la consternation des internautes. Dans la ville de Tours, mercredi, un jeune homme âgé de 16 ans a perdu l’usage de son œil droit après un tir de LBD, selon le média 20minutes.

Des membres du corps enseignant et des mairies dans plusieurs villes du pays se sont joints aux manifestations des étudiants pour les soutenir dans leurs revendications. C’était notamment le cas à Nanterre devant le lycée Joliot-Curie, où une manifestation immobile devait avoir lieu. « De nombreux adultes ont formé un cordon pour protéger les jeunes », indique 20minutes, en ajoutant que selon les personnels de l’établissement, les forces de l’ordre ont avancé « sans sommation ni aucune forme de communication ».

Dans un communiqué daté du 2 octobre, ces personnels dénoncent des interventions « disproportionnées » et parlent de « violences policières », avec des lanceurs de balles de défense « directement pointés vers les élèves et les adultes présents ». Ils décrivent une ligne de policiers équipés de matraques télescopiques, de boucliers et de lanceurs de balles de défense face aux adolescents qui étaient immobiles.

Un élu de la mairie aurait été « matraqué à plusieurs reprises » selon le communiqué, tandis qu’un policier aurait posé l’avant-bras sur la gorge d’un enseignant pour le faire reculer. Les personnels font aussi état d’insultes et de menaces, comme « c’est toi que je vais taper » ou encore « bande de salopes », toujours selon la même source.

Enquêtes administratives en cours

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », a été saisie de cinq enquêtes après que des lycéens ont été blessés par des tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) et de grenades, a indiqué vendredi France Télévisions de source sécuritaire.

Ces enquêtes devraient permettre d’établir les circonstances exactes des blessures et de déterminer si les règles d’usage de la force ont été respectées. Les conclusions de l’IGPN sont attendues dans les prochaines semaines et pourraient donner lieu à des poursuites disciplinaires ou judiciaires selon les cas.

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