Macron dénonce depuis Doha les propos « inacceptables et stupides » de dirigeants étrangers

Macron dénonce depuis Doha les propos « inacceptables et stupides » de dirigeants étrangers

En déplacement à Doha, au Qatar, le président français Emmanuel Macron a vivement réagi mercredi 21 octobre aux déclarations de responsables étrangers concernant les violences survenues en France le 17 octobre. Le chef de l’État a dénoncé des prises de position qu’il juge « inacceptables et stupides », tout en mettant en garde contre une « manipulation étrangère de l’information » autour de ces événements.

Emmanuel Macron a précisé sa pensée en distinguant les ingérences des manipulations informationnelles. « Pour moi, il n’y a pas d’ingérences étrangères visibles dans les événements qui se sont passés, par contre, il y a une manipulation étrangère de l’information », a-t-il déclaré lors de cette prise de parole.

Mise en garde contre les fausses informations et l’intelligence artificielle

Le président français a également alerté sur la circulation d’images générées par intelligence artificielle, présentant selon lui des scènes qui ne se sont jamais déroulées en France. Il a dénoncé le rôle de certains responsables politiques dans la diffusion de ces contenus.

« Il y a des gens qui font campagne sur le dos de la France, des dirigeants qui sont dans des situations de campagne dans la région ou de l’autre côté de l’Atlantique, qui parfois avec crédulité reprennent ce qu’il y a dans l’intelligence artificielle ou qui rapportent ce qu’évidemment des sphères veulent faire croire », a-t-il affirmé.

Emmanuel Macron a cité des exemples concrets de désinformation, notamment des représentations de scènes inexistantes sur le territoire français. « On a vu des images d’intelligence artificielle qui ont montré des scènes qui ne se sont jamais passées en France. On a des gens qui ont expliqué qu’on avait été envahis par des hordes de migrants et d’islamistes, ce qui est totalement faux », a-t-il poursuivi.

Le chef de l’État a conclu cette partie de son intervention par une mise en cause directe des auteurs de ces propos. « Dans ces moments-là, on voit qui aime la France et qui ne l’aime pas. Tous les gens qui parlent mal de notre pays en ce moment, ce sont des gens qui n’aiment pas notre pays, donc ces gens m’indisposent », a-t-il lancé.

Réponse aux déclarations de Benjamin Netanyahou

Cette réaction intervient après les propos du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, qui avait affirmé que la France avait « cédé face à l’islamisme radical ». Il avait également assuré avoir mis en garde Emmanuel Macron après les attaques du 7 octobre, estimant que les conséquences de l’absence de réaction se feraient sentir en France.

« Si nous ne les éliminons pas ici, vous les aurez à Paris », avait déclaré le dirigeant israélien, avant d’ajouter : « Et c’est exactement ce qui se passe. » Emmanuel Macron n’a pas limité sa critique à cette seule déclaration, ciblant plus largement les responsables étrangers tenant selon lui des propos dévalorisants à l’égard de la France.

Dispositif de sécurité maintenu sur le territoire

Sur le plan intérieur, les autorités françaises poursuivent leur réponse aux violences du 17 octobre. Des couvre-feux localisés ont été reconduits dans plusieurs villes, notamment Paris, Lyon et Bordeaux.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit recevoir des organisations syndicales mercredi. Un dispositif policier renforcé est également annoncé en prévision d’une nouvelle mobilisation prévue samedi.

Alors que la situation reste tendue, l’exécutif français doit gérer simultanément les conséquences des violences sur le territoire national et les polémiques suscitées à l’étranger par leur interprétation. Les autorités n’ont pas précisé de calendrier pour la levée des mesures restrictives, tandis que la réunion avec les syndicats pourrait déboucher sur de nouvelles annonces dans les prochains jours.

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