Les États-Unis révoquent plus de 300 000 visas depuis le retour de Trump

Les États-Unis révoquent plus de 300 000 visas depuis le retour de Trump

Le département d’État américain a annoncé que plus de 300 000 visas ont été révoqués depuis le début du second mandat du président Donald Trump, en janvier 2025. Cette information a été communiquée par le porte-parole du département, Tommy Pigott, lors d’un point presse. Selon lui, il s’agit du rythme de révocation le plus rapide de l’histoire de l’administration américaine.

Ces mesures ciblent des ressortissants étrangers accusés d’infractions ou considérés comme représentant un risque pour la sécurité publique. Une part importante des révocations fait suite à des interactions avec les forces de l’ordre pour des motifs d’agressions (25 %), de conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants (22 %), de vols (7 %) et de trafic ou d’abus de substances (7 %).

Le tourisme de naissance dans le viseur

Au moins 4 000 visas ont été retirés à des personnes accusées de pratiquer ou de faciliter le « tourisme de naissance », une pratique consistant à se rendre aux États-Unis pour accoucher sur le sol américain afin d’obtenir la nationalité pour l’enfant. Le porte-parole a précisé que les révocations incluent également les violations des conditions de séjour et les fausses déclarations.

Une accélération marquée en 2026

Le volume des révocations a connu une accélération notable au cours de l’année 2026. Le nombre de cas recensés est passé de 175 000 à la fin de l’été à environ 250 000 fin septembre, avant de franchir le cap des 300 000 en octobre. En 2025, le Bureau des affaires consulaires du département d’État n’avait examiné que 23 000 dossiers.

Cette hausse s’explique par la mise en place d’un système de contrôle continu, appelé « continuous vetting », supervisé par le secrétaire d’État Marco Rubio. Cette méthode permet aux autorités de réévaluer la validité d’un visa dès que de nouvelles informations, telles que des antécédents judiciaires ou des activités sur les réseaux sociaux, deviennent disponibles, même après l’émission du document.

Conséquences pour les détenteurs de visas

Le département d’État précise que la révocation d’un visa annule le droit d’entrée ou modifie le statut légal sur le territoire américain. Toutefois, elle ne constitue pas une mesure d’expulsion automatique pour les personnes se trouvant déjà aux États-Unis. Ces procédures relèvent d’autres instances judiciaires et migratoires.

Cette politique de révocation accélérée intervient dans un contexte de durcissement des contrôles migratoires sous l’administration Trump. Les autorités américaines entendent ainsi renforcer la sécurité intérieure en réévaluant en permanence le statut des personnes admises sur le territoire.

Pour les ressortissants étrangers, y compris ceux originaires de pays du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, ces mesures pourraient avoir des répercussions sur les demandes de visa et les conditions de séjour aux États-Unis. Les consulats américains devraient poursuivre l’application de ce système de contrôle continu dans les mois à venir.

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