France : nouvelles perturbations dans les universités et lycées avant la grève de jeudi

France : nouvelles perturbations dans les universités et lycées avant la grève de jeudi

Plusieurs universités françaises sont restées fermées mardi et des lycées ont été bloqués, à deux jours d’une mobilisation interprofessionnelle nationale prévue jeudi, à laquelle les organisations de jeunesse entendent participer. Les contestataires jugent insuffisantes les annonces du gouvernement faites la semaine dernière.

L’université Dauphine-PSL à Paris a annoncé rester portes closes jusqu’à jeudi inclus, a déclaré mardi son président, Bruno Bouchard, sur RTL. « On espère pouvoir rouvrir dans de bonnes conditions vendredi », a-t-il ajouté, précisant que « la continuité pédagogique » demeure la priorité. L’université Sorbonne-Nouvelle, fermée depuis lundi, a également annoncé la fermeture de son campus Nation pour toute la journée de mardi.

Appel national au blocage

« Il faut continuer à montrer, notamment à Matignon, que les facs sont toujours mobilisées, que ça ne s’arrêtera pas si facilement, et qu’il faut maintenant répondre avec du concret », a déclaré à l’AFP Suzanne Nijdam, présidente de la Fage, première organisation étudiante. Les organisations étudiantes ont lancé un appel national au blocage.

Lundi, au retour des vacances de la Toussaint et sans mot d’ordre national, environ 15 % des établissements de l’enseignement supérieur ont de nouveau connu des perturbations, selon le gouvernement.

Lycées : tensions et blocages

Dans les lycées, la mobilisation a repris avec des poubelles incendiées et des blocages devant les établissements. À Rennes, dès 7h30, les esprits se sont échauffés entre une administratrice et une trentaine d’élèves qui tentaient, comme la veille, de bloquer le lycée Bréquigny, le plus grand de Bretagne. « C’est la première fois que c’est aussi tendu », a expliqué à l’AFP Paul, 17 ans, en terminale, qui remercie les professeurs qui les soutiennent. À 8h00, après un passage rapide de la police, l’entrée a été bloquée par les élèves, a constaté l’AFP.

« Ce serait difficile d’être contre eux », a confié Raphaël Gironimi, professeur de mathématiques et membre du SNES-FSU, qui patientait devant le lycée Toulouse-Lautrec à Toulouse avec les élèves. « Ici, c’est 35 élèves par classe presque partout et un bâtiment adapté ni aux fortes chaleurs, ni au grand froid », a-t-il expliqué.

Fait plus rare, le lycée Louis-Le-Grand, en plein centre de Paris, était bloqué par des bennes disposées devant l’entrée, selon des médias. Au lycée Balzac, la direction a fait entrer les élèves par une porte annexe et la police était sur place mardi matin, a indiqué une association de parents d’élèves.

Mesures gouvernementales jugées insuffisantes

Après plus d’un mois de blocage, le gouvernement a annoncé la semaine dernière une série de mesures pour tenter d’apaiser la colère des jeunes. Parmi elles figure le remplacement progressif d’ici 2028 de Parcoursup, la plateforme d’affectation dans l’enseignement supérieur qui cristallise une grande partie des revendications.

Les ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur ont également promis l’annulation des suppressions de postes prévues dans l’Éducation nationale, la création de 500 postes supplémentaires, un plafonnement à 28 élèves par classe de seconde et 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur. Selon Matignon, le Premier ministre a aussi demandé au ministre de l’Éducation nationale de veiller à ce qu’une réponse soit apportée aux 200 lycées les plus en difficulté recensés sur la plateforme de concertation.

Ces annonces constituent un « premier pas » jugé insuffisant par les organisations de jeunesse. D’autres mesures, comme le chantier du contrôle continu, « nécessitent un travail de fond d’ici la fin du mois de décembre », a plaidé lundi le ministre de l’Éducation.

Vers une mobilisation interprofessionnelle jeudi

L’intersyndicale regroupant l’USL, l’Unef, la Fage et l’Union étudiante, qui réclament toujours l’abrogation pure et simple de Parcoursup, compte se joindre jeudi à la journée de mobilisation pour le pouvoir d’achat. Pour la première fois depuis la rentrée, cette mobilisation doit réunir salariés du privé, fonctionnaires et retraités.

Le parcours parisien de cette manifestation, également soutenue par des gilets jaunes, n’a pas encore été validé par les autorités. La CGT a rappelé lundi avoir « besoin d’avoir les parcours à l’avance pour pouvoir les sécuriser, notamment avec la mairie de Paris ».

Depuis les émeutes et les pillages du 17 octobre, la préfecture de police a refusé aux manifestants de déambuler lors des deux derniers samedis au cœur de la capitale, n’autorisant que des parcours alternatifs en lisière de la ville. Le collectif Interfac Île-de-France, qui souhaitait manifester mardi entre le Panthéon et le siège du Medef, s’est ainsi vu opposer un veto par la préfecture et proposer un parcours en périphérie, ce qu’il entend contester en justice. Les autorités attendent entre 15 000 et 30 000 manifestants dans la capitale mardi.

La mobilisation doit se poursuivre jeudi avec la journée interprofessionnelle, dont l’ampleur dépendra de la participation des salariés, des fonctionnaires et des retraités. Les autorités n’ont pas encore confirmé le parcours parisien de la manifestation, et les organisations étudiantes maintiennent leur appel au blocage jusqu’à l’obtention de garanties supplémentaires.

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