Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a publié, mardi, sa note d’information relative à la situation du marché du travail au troisième trimestre 2026. Les données révèlent une augmentation de la sous-utilisation de la main-d’œuvre et du chômage strict au niveau national. Cette évolution intervient dans un contexte économique où l’emploi reste un enjeu majeur pour les politiques publiques au Maroc.
Selon les chiffres du HCP, le nombre de personnes en situation de chômage ou de sous-emploi atteint 2,4 millions au cours de cette période. Cette population comprend les chômeurs au sens strict, ainsi que les personnes exerçant un emploi à temps partiel involontaire ou dont les qualifications sont inférieures à celles requises pour l’emploi occupé.
La note du HCP précise que la sous-utilisation de la main-d’œuvre a progressé par rapport à la même période de l’année précédente. Le taux de chômage strict a également enregistré une hausse, confirmant une tendance observée depuis le début de l’année 2026. Ces indicateurs traduisent une pression accrue sur le marché du travail, notamment dans les zones urbaines et parmi les jeunes diplômés.
Un phénomène qui touche particulièrement les jeunes et les femmes
Les données du HCP mettent en évidence une concentration du chômage et du sous-emploi parmi certaines catégories de la population. Les jeunes âgés de 15 à 34 ans représentent une part importante des personnes concernées. Les femmes affichent également des taux de sous-utilisation plus élevés que les hommes, en particulier en milieu rural.
Le sous-emploi, qui englobe les personnes travaillant moins d’heures que souhaité ou dans des emplois ne correspondant pas à leur niveau de qualification, demeure une caractéristique structurelle du marché du travail marocain. Ce phénomène affecte la productivité et les revenus des ménages, tout en limitant les perspectives de développement économique.
Le HCP souligne que la hausse de la sous-utilisation de la main-d’œuvre s’explique par plusieurs facteurs, notamment la faible création d’emplois dans certains secteurs et l’évolution démographique. Les secteurs de l’agriculture, du bâtiment et des services à faible valeur ajoutée concentrent une part importante de la main-d’œuvre sous-employée.
Des implications pour les politiques publiques
Cette situation intervient alors que le gouvernement marocain met en œuvre plusieurs programmes visant à stimuler l’emploi et à réduire le chômage. Les autorités ont annoncé des mesures d’accompagnement pour les jeunes et les femmes, ainsi que des incitations pour les entreprises créatrices d’emplois. Toutefois, les effets de ces dispositifs sur le marché du travail restent à évaluer sur le moyen terme.
Les experts économiques estiment que la réduction du chômage et du sous-emploi nécessite des réformes structurelles, notamment dans le domaine de la formation professionnelle et de l’adéquation entre les compétences et les besoins du marché. La création d’emplois de qualité, en particulier dans les secteurs à forte valeur ajoutée, constitue un défi majeur pour les prochaines années.
Le HCP doit publier ultérieurement des données plus détaillées sur l’évolution du marché du travail au quatrième trimestre 2026. Ces informations permettront d’évaluer la tendance annuelle et d’ajuster les politiques publiques en conséquence. Le gouvernement a indiqué qu’il suivra de près l’évolution de la situation et qu’il prendra les mesures nécessaires pour soutenir l’emploi et protéger les populations les plus vulnérables.
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