L’école publique marocaine confrontée à des crises répétées

L’école publique marocaine confrontée à des crises répétées

Le système éducatif public marocain fait face à une série de défis majeurs, testant sa capacité de résilience après avoir été frappé par plusieurs chocs successifs ces dernières années. Un récent rapport du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) met en lumière l’impact cumulé de ces perturbations sur la continuité pédagogique et la qualité de l’enseignement. Ces événements ont exposé les vulnérabilités structurelles du secteur, relançant le débat sur la nécessité de renforcer sa robustesse face aux crises futures.

Une succession de perturbations majeures

Depuis 2020, les établissements scolaires ont dû gérer les conséquences de la pandémie de Covid 19, qui a entraîné des fermetures prolongées et une transition précipité vers l’enseignement à distance. Cette crise sanitaire a été suivie par des perturbations sociales, notamment des mouvements de grève affectant le calendrier académique. Récemment, le séisme du 8 septembre 2023 dans la région d’Al Haouz a causé des dommages matériels importants à plusieurs écoles, tandis que des inondations dans d’autres régions ont également perturbé la rentrée scolaire.

Le rapport du CSEFRS analyse l’effet domino de ces crises, notant qu’elles ont exacerbé les inégalités préexistantes en matière d’accès à l’éducation. Les élèves des zones rurales et les familles défavorisées ont été les plus touchés par les interruptions de cours et le manque d’infrastructures adaptées pour l’enseignement à distance.

Les constats du Conseil supérieur

Le document officiel souligne que la réponse à chaque crise a souvent été réactive plutôt que proactive, malgré les efforts déployés par le ministère de l’Éducation nationale. Il pointe du doigt des lacunes dans la préparation aux situations d’urgence, une connectivité numérique insuffisante dans de nombreuses régions, et des difficultés à assurer une formation adéquate des enseignants pour faire face à ces contextes exceptionnels.

Les données recueillies indiquent une perte significative d’heures d’enseignement, avec un impact mesurable sur les apprentissages fondamentaux, en particulier en lecture et en mathématiques. Le rapport appelle à une évaluation approfondie des retards accumulés par les élèves afin de mettre en place des programmes de rattrapage ciblés.

Vers une stratégie de résilience éducative

Face à ce constat, les autorités éducatives ont annoncé travailler sur l’élaboration d’un plan de continuité pédagogique. Ce cadre vise à institutionnaliser les protocoles d’intervention en cas de nouvelle crise, qu’elle soit sanitaire, naturelle ou sociale. Les axes principaux incluent le développement d’une plateforme d’enseignement à distance plus inclusive et robuste, la sécurisation des infrastructures scolaires, et la formation des personnels à la gestion de crise.

Des discussions sont également en cours pour intégrer des modules sur la préparation aux risques et la psychologie d’urgence dans les curricula de formation des enseignants. L’objectif est de doter les acteurs sur le terrain des outils nécessaires pour maintenir une offre éducative minimale en toutes circonstances.

Prochaines étapes et perspectives

Le ministère de l’Éducation nationale prévoit de présenter une feuille de route détaillée d’ici la fin du trimestre, basée sur les recommandations du CSEFRS. Cette stratégie devrait être articulée autour de la modernisation des infrastructures, de la digitalisation des contenus pédagogiques et du renforcement des capacités logistiques des académies régionales. La prochaine rentrée scolaire sera un premier test pour évaluer la mise en œuvre des mesures correctives, notamment dans les zones les plus fragilisées par les récentes catastrophes.

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