La diaspora marocaine exclue des législatives de 2026

La diaspora marocaine exclue des législatives de 2026

À l’approche des élections législatives prévues le 23 septembre 2026, le Conseil civil démocratique de la migration marocaine a dénoncé, ce lundi, l’exclusion des Marocains résidant à l’étranger (MRE) du processus électoral. L’organisation estime que cette situation constitue une entorse aux principes constitutionnels et représente un recul démocratique pour le Royaume.

L’instance a exprimé sa vive indignation face à cette exclusion, qu’elle considère comme une forme de dévalorisation portant atteinte à la dignité des citoyens concernés. Cette position fait suite à l’adoption par le Conseil de gouvernement d’un décret fixant la date du scrutin sur la base de la loi organique n° 53.25 relative à la Chambre des représentants.

Une contradiction avec la Constitution

Le Conseil souligne une contradiction manifeste avec les dispositions de la Constitution marocaine. « Nous constatons avec une profonde inquiétude que ce cadre juridique consacre une nouvelle fois l’exclusion des Marocains résidant à l’étranger de leur droit légitime à une participation politique pleine et entière », a-t-il déclaré. L’organisation rappelle que la Constitution stipule explicitement l’égalité de tous les Marocains en droits et en devoirs.

Empêcher les Marocains établis hors du Royaume d’exercer ce droit est, selon le Conseil, en décalage avec les orientations royales réitérées. Ces dernières appellent à garantir aux membres de la diaspora une citoyenneté complète, notamment via la participation politique et la représentation parlementaire.

Les conséquences d’une exclusion

L’exclusion de plus de 15% de la population marocaine de toute représentation législative est présentée comme un sérieux revers pour le processus démocratique. Le Conseil met en garde contre les répercussions politiques, économiques et sociales d’une telle mesure.

Parmi les risques évoqués figurent le sentiment d’une citoyenneté incomplète chez les MRE, l’érosion de la confiance envers les institutions, et la perte d’expertises utiles en matière de gouvernance. L’instance rappelle que la diaspora a toujours joué un rôle important dans les transformations du Royaume et reste un relais essentiel pour la défense des causes nationales.

Critiques d’autres déclarations

Dans un autre registre, le Conseil a également critiqué des déclarations récentes attribuées au ministre de l’Industrie et du Commerce. L’organisation les a qualifiées d’« irresponsables », estimant qu’elles portent atteinte à la dignité des MRE et sont contraires aux valeurs de respect de la société marocaine.

La position du Conseil intervient alors que le débat sur la participation politique de la communauté marocaine à l’étranger est régulièrement relancé avant chaque scrutin national. Les prochaines étapes dépendront des réactions institutionnelles à ces critiques et de l’évolution éventuelle du cadre légal avant la tenue des élections de septembre 2026.

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