Soutien aux transporteurs : près de 68 000 demandes enregistrées par le gouvernement

Soutien aux transporteurs : près de 68 000 demandes enregistrées par le gouvernement

Le gouvernement a annoncé ce jeudi que près de 68 000 demandes ont été déposées dans le cadre du mécanisme de soutien aux transporteurs routiers, réactivé face aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et à la volatilité des prix des hydrocarbures. Le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, a présenté ce bilan lors du point de presse hebdomadaire du Conseil de gouvernement, soulignant l’ampleur de l’adhésion à cette mesure de compensation.

Ce dispositif, dont les modalités avaient été détaillées fin avril, vise à atténuer l’impact des hausses de prix du carburant sur les professionnels du transport de marchandises et de voyageurs. Il concerne les transporteurs titulaires d’une autorisation de transport public, qu’ils soient personnes physiques ou morales.

Modalités d’éligibilité et de calcul

Le soutien est calculé sur la base d’un forfait mensuel, variant selon le type de véhicule et son poids total autorisé en charge (PTAC). Pour les véhicules de transport de marchandises, l’aide s’étend de 400 dirhams pour les camionnettes à 5 500 dirhams pour les porteurs avec une semi-remorque. Concernant le transport de voyageurs, les montants vont de 300 dirhams pour les taxis à 2 500 dirhams pour les autocars.

L’octroi de cette aide est conditionné à la régularité de la situation du demandeur vis-à-vis de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et de l’administration fiscale. Les transporteurs doivent également justifier d’une activité effective au cours du premier trimestre 2024.

Processus de dépôt et calendrier

Les demandes sont déposées exclusivement via le portail électronique dédié « soutientransporteurs.ma », géré par l’Agence nationale des ports (ANP). Cette digitalisation des procédures vise à garantir transparence et célérité dans le traitement des dossiers. La période de soumission des demandes pour le premier versement, couvrant la période de janvier à avril 2024, a été clôturée récemment.

Le ministre a précisé que le traitement technique et administratif des dossiers est actuellement en cours. Cette phase inclut la vérification croisée des données déclaratives avec les registres de la CNSS et de la Direction générale des impôts pour valider l’éligibilité de chaque requête.

Contexte et justification de la mesure

La réactivation de ce mécanisme exceptionnel intervient dans un contexte international marqué par l’instabilité au Proche-Orient, qui exerce une pression à la hausse sur les cours mondiaux du pétrole. Cette volatilité se répercute directement sur les prix à la pompe au Maroc, affectant significativement la rentabilité des entreprises de transport, maillon essentiel de la chaîne logistique nationale et de la mobilité des citoyens.

Le gouvernement avait initialement mis en place un système similaire en 2022, suite au choc pétrolier provoqué par le conflit en Ukraine. La décision de le remettre en œuvre traduit la persistance des risques sur les approvisionnements énergétiques et la volonté de préserver la stabilité du secteur des transports.

Les organisations professionnelles du secteur avaient régulièrement alerté sur la dégradation de leur situation financière, appelant à un soutien public pour faire face à l’envolée des coûts d’exploitation. Cette mesure constitue donc une réponse directe à leurs préoccupations.

Prochaines étapes et perspectives

L’administration procède désormais à l’examen final des près de 68 000 demandes reçues. Les premiers versements aux transporteurs éligibles sont attendus dans les prochaines semaines, une fois le processus de vérification achevé. Le gouvernement n’a pas encore communiqué de date précise pour le début des décaissements.

L’évolution de ce dispositif de soutien restera tributaire de la trajectoire future des prix des carburants sur le marché international. Les autorités marocaines surveilleront de près les indicateurs économiques et géopolitiques pour décider de la prolongation éventuelle, de l’ajustement ou de l’arrêt du mécanisme au-delà de la période actuellement couverte.

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