Élections législatives 2026 : L’ADFM presse les partis d’atteindre 30% de candidates

Élections législatives 2026 : L’ADFM presse les partis d’atteindre 30% de candidates

À l’approche des élections législatives du 23 septembre 2026, l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) a lancé un appel pressant aux partis politiques. L’organisation les exhorte à présenter au moins 30% de candidates dans les circonscriptions et à mettre en œuvre des stratégies de communication pour les promouvoir. Cet appel intervient dans un contexte marqué par le classement international de l’Union interparlementaire, où le Maroc occupe la 101e place mondiale pour la représentation des femmes au parlement.

Dans un communiqué, l’ADFM exprime une vive inquiétude face au fossé persistant entre les discours politiques en faveur de la parité et la réalité de l’exclusion des femmes des sphères décisionnelles. L’ONG rappelle que quinze ans se sont écoulés depuis l’inscription du principe d’égalité dans la Constitution et les engagements internationaux du Royaume en la matière.

Les indicateurs officiels montrent que ces engagements sont encore loin d’être concrétisés. À la Chambre des représentants, les femmes ne constituent que 24,3% des membres, soit 95 députées sur 395. Leur présence à la Chambre des conseillers se situe entre 11 et 12%. Leur taux d’adhésion aux partis politiques stagne, quant à lui, entre 8 et 9%, alors qu’elles représentent plus de la moitié de l’électorat marocain.

Une progression jugée trop lente

L’ADFM estime que les partis politiques n’ont pas su tirer parti des révisions des lois électorales et de la loi organique du Parlement pour garantir un accès équitable des femmes aux institutions élues. La progression d’une seule place au classement de l’Union interparlementaire par rapport à l’année précédente illustre cette lenteur.

L’organisation souligne que cette situation reflète la persistance de mécanismes d’exclusion et l’absence d’une volonté politique ferme pour mettre en œuvre le principe de parité. Elle déplore que les engagements constitutionnels et internationaux du pays restent largement confinés aux textes, sans se traduire par des politiques publiques ou des mesures concrètes sur le terrain.

Des recommandations précises

À l’adresse directe des formations politiques, l’ADFM avance une série de recommandations pour les prochaines échéances. Elle demande la présentation d’au moins 30% de candidates dans les circonscriptions législatives locales, en particulier dans celles considérées comme sûres et garantes de victoire. L’objectif est de dépasser le seuil minimal proposé par la loi organique.

L’association préconise également l’établissement de critères clairs de sélection, fondés sur la compétence et la capacité à accomplir la mission parlementaire. Cette mission inclut le développement de politiques publiques attentives aux besoins des femmes et des hommes, l’amélioration de la législation pour éliminer les discriminations, et l’avancement des pratiques conventionnelles.

Le choix des candidates pour les circonscriptions régionales et locales devrait, selon l’ADFM, être tranché de manière démocratique sur la base d’une charte contractuelle axée sur la reddition des comptes. L’organisation insiste enfin sur la nécessité d’un plan de communication pour faire connaître les dirigeantes des partis, en soulignant le lien entre l’autonomisation politique des femmes, la vitalité démocratique et le développement durable.

Les prochains mois, précédant le dépôt des listes électorales, seront déterminants pour observer si les partis politiques marocains intègrent ces recommandations dans leurs préparatifs pour le scrutin de 2026. L’ADFM et d’autres observateurs scruteront les premières déclarations et actions des formations politiques en réponse à cet appel.

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