La ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a présenté mardi à Marrakech l’ambition du Maroc d’instaurer un modèle inédit de souveraineté technologique. Cette déclaration a été faite lors de la cérémonie d’ouverture de la 4e édition du GITEX Africa Morocco, placée sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI. L’événement rassemble près de 50 000 participants et plus de 1 450 exposants venus de 130 pays.
La ministre a indiqué que son département mobiliserait l’ensemble des acteurs nationaux et internationaux. L’objectif est de structurer une trajectoire marocaine en matière de nouvelle gouvernance digitale renforcée par l’intelligence artificielle.
Dans un contexte de concurrence mondiale féroce pour les investissements et la suprématie scientifique, Amal El Fallah Seghrouchni a précisé que l’ambition du Royaume était d’inventer un nouveau jeu. Le pari est de démontrer qu’il est possible de construire une puissance technologique qui ne se définit pas par la domination, mais par sa capacité à fédérer et à mettre l’innovation au service du développement et du bien commun à l’échelle globale.
Les piliers de la voie marocaine
La responsable a détaillé une troisième voie marocaine pour le numérique et l’IA, articulée autour de quatre piliers structurants. Le premier est une souveraineté technologique opérationnelle, liée à une modernité authentique fondée sur des solutions adaptées aux réalités économiques, sociales et culturelles du pays.
Cette dynamique s’appuie également sur l’émergence d’une puissance technologique d’équilibre. Celle-ci aurait pour vocation de connecter l’Europe, l’Afrique et l’Atlantique, tout en servant de boussole stratégique pour guider le dialogue international sur le numérique et l’intelligence artificielle.
Une plateforme de dialogue international
Amal El Fallah Seghrouchni a souligné les atouts uniques du Maroc pour devenir une plateforme internationale de dialogue. Elle a cité la position géographique du pays, la diversité de ses partenariats et sa tradition de dialogue multilatéral. Ces éléments permettraient d’aborder les grands enjeux d’une IA éthique, moderne et authentique.
En se positionnant comme un trait d’union dans la recomposition géopolitique en cours, le Royaume ambitionne d’offrir un véritable liant stratégique, dépassant le simple statut de hub technologique.
La cérémonie d’ouverture a également été marquée par l’intervention du Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch. Plusieurs membres du gouvernement, des investisseurs internationaux, des conférenciers de renom et des décideurs institutionnels y ont également pris part.
Cette édition du GITEX Africa se tient sous le thème « Catalyser l’économie numérique africaine à l’ère de l’Intelligence Artificielle ». L’événement s’impose comme une plateforme panafricaine majeure visant à concilier l’innovation mondiale et les enjeux de souveraineté continentale. Son rôle est de poser les fondations de la résilience économique future de l’Afrique.
La mise en œuvre de cette ambition marocaine reposera sur la capacité à fédérer les différents acteurs autour de la trajectoire définie. Les prochaines étapes devraient concerner la concrétisation des partenariats évoqués et la traduction opérationnelle des quatre piliers annoncés, dans un calendrier qui reste à préciser par les autorités.
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